@informateur.ci- L’Afrique du Sud est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés après le départ massif de milliers de travailleurs étrangers, provoqué par les tensions anti-migrants et le durcissement des contrôles d’immigration.
Cette situation inquiète les employeurs, notamment dans l’agriculture, l’industrie textile et le bâtiment, où les difficultés de recrutement menacent désormais la production.
Dans les principales régions agricoles du pays, les récoltes sont fortement perturbées. À Robertson, dans une importante zone de production fruitière, Aaron Majatamhe, un ouvrier agricole zimbabwéen, observe que de nombreux vergers restent partiellement non récoltés faute de personnel. Selon lui, les exploitants peinent également à trouver des travailleurs pour la taille des vignobles, alors que la saison des vendanges approche.
Le phénomène s’étend à l’ensemble du territoire. En quelques semaines, plus de 160 000 ressortissants étrangers auraient quitté l’Afrique du Sud, selon des estimations basées sur les données des gouvernements africains ayant organisé le rapatriement de leurs citoyens. Les migrants concernés travaillaient principalement dans l’agriculture, le travail domestique, la construction et certaines industries manufacturières.
Dans la province du KwaZulu-Natal, des producteurs de canne à sucre affirment avoir perdu jusqu’à 80 % de leurs coupeurs. Plusieurs exploitants expliquent que les travailleurs sud-africains sont peu nombreux à accepter ces emplois particulièrement exigeants sur le plan physique. Cette analyse est toutefois contestée par les syndicats.
Avec un taux de chômage dépassant 33 %, les organisations syndicales estiment que la main-d’œuvre locale est disponible. Elles accusent plutôt certains employeurs de privilégier les travailleurs migrants, jugés moins coûteux, plus flexibles et souvent moins enclins à réclamer des contrats formels, des avantages sociaux ou le respect du salaire minimum.
Les conséquences se font également sentir dans l’industrie. À Durban, plusieurs usines textiles peinent à honorer leurs commandes après le départ de machinistes qualifiés originaires du Malawi et du Mozambique. Les entreprises soulignent que ces compétences ne peuvent être remplacées rapidement.
Face à cette situation, le gouvernement sud-africain poursuit sa politique du « Local First » tout en reconnaissant la dépendance de certains secteurs à la main-d’œuvre étrangère. Il a récemment élargi son Trusted Employer Scheme, un dispositif facilitant l’obtention de visas de travail pour les entreprises répondant à des critères précis, notamment l’embauche majoritaire de Sud-Africains et l’investissement dans la formation.
Les organisations professionnelles plaident, quant à elles, pour la création d’un programme encadré de travailleurs saisonniers issus des pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Elles estiment qu’une telle mesure permettrait de répondre aux besoins immédiats des exploitations agricoles tout en maintenant un contrôle légal des flux migratoires. Pour de nombreux migrants ayant quitté le pays, la priorité demeure toutefois leur sécurité, après plusieurs attaques mortelles visant des ressortissants étrangers ces dernières semaines.
Djah OPELY












