@informateur.ci- Le Rwanda quitte la CEEAC après avoir été écarté de la présidence tournante. Kigali dénonce une dérive institutionnelle au profit de la RDC dans un contexte de conflit armé dans l’est congolais.
Le Rwanda a officiellement annoncé son retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), dénonçant une marginalisation orchestrée par certains États membres, notamment la République démocratique du Congo (RDC).
Cette décision a été prise à la suite du 26ᵉ sommet de l’organisation, tenu le samedi 7 juin à Malabo (Guinée équatoriale), où le droit de Kigali à assurer la présidence tournante a été ignoré.
La conférence des chefs d’État a préféré reconduire à la tête de l’organisation le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, pour un mandat supplémentaire, au détriment du Rwanda qui devait logiquement succéder à cette fonction. Kigali y voit une manœuvre politique influencée par Kinshasa, avec le soutien tacite de certains pays membres comme le Burundi.
Le contexte régional est tendu. Depuis début 2024, les affrontements dans l’est de la RDC entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23 – un groupe armé accusé de bénéficier du soutien militaire du Rwanda – ont provoqué une crise humanitaire majeure. Kigali, régulièrement pointé du doigt par des rapports de l’ONU et des pays occidentaux, rejette toute implication directe mais dénonce une instrumentalisation de la CEEAC par Kinshasa. «Le Rwanda ne peut demeurer membre d’une organisation dont le fonctionnement bafoue ses principes fondateurs», affirme la diplomatie rwandaise dans un communiqué.
Ce retrait marque un tournant majeur pour la CEEAC, révélant les failles profondes de la solidarité régionale face aux conflits internes et aux rivalités géopolitiques croissantes.
Yannick Kobo













