‘@Informateur.info- Elles ont marqué l’histoire de leur pays respectif et du continent. Elles ont quitté le monde des vivants, emportées, pour beaucoup, par la pandémie à coronavirus, Covid-19. Focus sur les personnalités disparues de 2020 en Afrique, pour la plupart des anciens chefs d’Etat. Cruel pour le continent.
Le premier dirigeant africain à passer l’arme à gauche en cette année finissante, est l’Egyptien Muhammad Hosni El Sayed Mubarak, plus connu sous le nom de Hosni Moubarak, décédé le 25 février 2020 à l’hôpital militaire Galaa, au Caire, à l’âge de 91 ans, après plusieurs hospitalisations depuis son emprisonnement suite à des procès pour corruption et pour la répression du soulèvement populaire. Hosni Moubarak a dirigé l’Égypte du 14 octobre 1981 au 11 février 2011 soit pendant 29 ans, 3 mois et 28 jours). Il a démissionné à la suite d’un soulèvement populaire, à la faveur du « Printemps arabe ».
Emprisonné et condamné par la justice égyptienne après son départ du pouvoir, Moubarak est libéré en 2017 après avoir purgé sa dernière peine de prison. Il meurt neuf ans après sa descente aux enfers.
Ancien chef rebelle, Pierre Nkurunziza , président du Burundi, est mort le 9 juin 2020 à l’âge de 55 ans d’un arrêt cardiaque, selon un communiqué du gouvernement burundais. Il dirigeait le principal groupe armé hutu pendant la guerre civile burundaise. Membre du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), Pierre Nkurunziza a été élu président de la République en 2005, puis réélu en 2010 et 2015. Il meurt peu avant la fin de son troisième mandat et la passation de pouvoirs avec son successeur élu, Evariste Ndayishimiye. Il aura passé 14 ans, 9 mois et 13 jours à la tête du Burundi.
L’ex-président congolais, Pascal Lissouba, décédé le 24 aout 2020 à Perpignan, en France, à l’âge de 88 ans, a dirigé la République du Congo (Brazzaville) du 31 août 1992 au 25 octobre 1997 (5 ans, 1 mois et 24 jours). Elu à l’issue du premier scrutin pluraliste du pays en 1992, il a été renversé cinq ans plus tard, en 1997, au terme de cinq mois de combats entre ses hommes et ceux de Denis Sassou Nguesso qui ont fait des milliers de mort. Exilé en France, Lissouba a été condamné par la justice de son pays pour « haute trahison » et « complot ».
Né le 25 septembre 1936 à Sébétou dans la région de Kayes au Mali et mort le 15 septembre 2020 à Bamako, Moussa Traoré, général de l’armée a été président de la République du Mali du 29 novembre 1968 au 26 mars 1991 soit une longévité au pouvoir de 22 ans, 4 mois et 7 jours. Arrivé au pouvoir par un coup de force qui a renversé Modibo Kéïta, le père de l’indépendance du Mali, le général Moussa Traoré a été, à son tour, évincé par une junte dirigée par le général Amadou Toumani Touré ( ATT). Condamné à mort, il avait été gracié par l’ancien chef d’État Alpha Oumar Konaré (1992-2002).
Amadou Toumani Touré dit ATT qui a troqué le treillis pour des habits civils, est mort le 9 novembre 2020 en Turquie où il avait été évacué pour des soins, à l’âge de 72 ans. Cet ancien général de l’armée malienne avait mis fin au régime de Moussa Traoré qui avait violemment réprimé des manifestations pro-démocratie en 1991. Il a dirigé une transition pour rendre le pouvoir à un président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré en 1992. Mais ATT est revenu au pouvoir après avoir été élu en 2002, réélu en 2007. Son régime a été renversé par un coup d’état en 2012 mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo, à quelques mois de la fin de son second et dernier mandat. Exilé au Sénégal, il est retourné au Mali en 2017.
Ancien officier de l’armée de l’air du Ghana, John Jerry Rawlings arrivé au pouvoir par un coup d’état en 1979, puis en 1981, est mort le 12 novembre 2020 à l’âge de 73 ans, emporté par le Covid-19. Considéré comme le père de la démocratie ghanéenne, Rawling a quitté le pouvoir en 2000, après deux mandats en tant que président civil du 31 décembre 1981 au 7 janvier 2001 soit 19 ans et 7 jours de pouvoir.
Dix jours après le décès de Jerry Rawlings, c’est Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu de Mauritanie, qui décède le 22 novembre à l’âge de 82 ans. Vainqueur de la présidentielle de mars 2007, il prend le pouvoir en avril mais il est renversé par un putsch le 6 août 2008, après seulement 1an, 3 mois et 18 jours d’exercice du pouvoir. La série noire se poursuit dans ce mois de novembre avec le décès, le 24 du mois mortifère, de l’ancien président nigérien Mamadou Tandja , à l’âge de 82 ans. Ancien militaire, il avait dirigé le Niger de 1999 à 2010 soit 10 ans, 1 an et 27 jours.
Enfin, à la liste noire des anciens dirigeants africains décédés, cette année, s’ajoute l’ex-président du Burundi Pierre Buyoya, mort le 17 décembre 2020, à Paris en France, à l’âge de 71 ans, des suites de la maladie Covid-19. Militaire de carrière, le major Buyoya devient chef d’État en 1987 à la suite d’un coup d’Etat contre Jean-Baptiste Bagaza. Pendant son premier mandat, il s’emploie à ouvrir l’espace démocratique au Burundi, un processus qui débouche en 1993 sur l’élection à la tête du pays de Melchior Ndadaye, premier président démocratiquement élu du pays.
Pierre Buyoya revient au pouvoir après un second coup d’État en 1996. Il préside aux destinées du Burundi jusqu’à sa démission en 2003. Reconverti en diplomatie, Pierre Buyoya a été l’envoyé spécial de l’Union africaine au Mali et au Sahel de 2012 à novembre 2020.
A côté de ces dirigeants du continent partis dans le ventre de la nuit, il y a, également, l’ex-Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, décédé le 8 juillet 2020 à l’âge de 61 ans des suites d’un arrêt cardiorespiratoire alors qu’il était le candidat désigné du RHDP (parti au pouvoir) à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Puis, le chef de l’opposition malienne, Soumaîla Cissé, ex-Président de la Commission de l’UEMOA qui a vaincu sept mois de captivité aux de terroristes avant de mourir le 25 décembre 2020 en France du Covid-19.
On peut, également, citer, à côté des politiques, des sommités de la culture et du sport, notamment, la légende camerounaise du jazz, Manu Dibango, la vedette musicale congolaise, Aurlus Mabélé, l’agent de joueur et ex-dirigeant de club, le journaliste sénégalais Pape Diouf, tous emportés par la pandémie à coronavirus (Covid-19). L’Afrique vous pleure encore!
Charlène ADJOVI






















