@Informateur.info- Lundi 15 novembre, à la faveur de la Journée de la Paix et à l’invitation du Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire (CAMJBCI), le Commissaire Divisionnaire Idrissa Séré du Bureau régional Interpol pour l’Afrique de l’Ouest à Abidjan, a animé une conférence publique autour du thème » défis sécuritaires et extrémisme violent en Afrique subsaharienne : quelle contribution de la jeunesse? ». Révélations sur le terrorisme au Mali et au Burkina Faso.
Pour ce sujet qui colle à l’actualité, la salle de la chefferie traditionnelle de la commune d’Attecoubé s’est avérée exiguë pour contenir le nombreux public venu écouter et échanger avec le conférencier qui a fait de nombrruses révélations sur le terrorisme qui sème la désolation au Sahel.

Selon le Commissaire Séré, « les pseudo djihadistes disant être des soldats de Dieu ne sont que des déstabilisateurs à la solde des grandes puissances ». Le vrai djihad, explique-t-il, est « le fait pour tout musulman, de combattre par tous les moyens, ceux qui l’empêchent de pratiquer sa religion ». Et de marteler que « ceux qui écument le Sahel ne sont que des tueurs, voleurs, bandits armés par l’Occident ».
L’expert explique qu’à « l’assassinat » de l’ex-Guide libyen, Mouammar Kadhafi dont la génitrice est Touareg, originaire du nord malien, « certains de ses combattants ont annexé cette partie du Mali avec la complicité des Occidentaux ».
« Avec les armes, l’or et l’argent que Kadhafi leur a laissés, ils sont descendus au Mali au su et au vu de tout le monde », souligne M. Séré. Maitrisant le sujet, il affirme que « ce sont les Occidentaux qui ont favorisé l’installation des terroristes au Mali parce qu’ils veulent diviser ce pays en deux ».
En effet, il révèle qu’en 1958, « quand il s’est agi de tracer les frontières des pays, les Touaregs ont écrit au général De Gaulle (tapez sur Google, le document existe) pour dire qu’ils sont le seul peuple blanc à être commandé par des Noirs et qu’ils ne sont pas d’accord ». C’est alors qu’ils ont demandé à créer un Etat à eux baptisé l’Etat d’Azawad dont ils ont proclamé l’indépendance plus tard en 2012 avant d’y renoncer en 2013.
A l’epoque, poursuit l’agent d’Interpol, le général De Gaulle leur a répondu qu’il « n’y a rien dans le territoire qu’ils ont choisi en leur recommandant de se rattacher à Bamako pour bénéficier de certains avantages », soutient-il.
« Mais aujourd’hui, avec la technologie, on s’est rendu compte que le Mali dit inutile est, immensément, riche. L’or de Kidal dépasse tout l’or du Burkina Faso sans compter l’uranium, la bauxite et le pétrole en grande quantité », révèle, encore, le conférencier qui assène que « c’est pour toutes ces raisons que les Occidentaux rêvent de diviser le Mali ».
Selon lui, le Burkina paie les frais du terrorisme parce que « pour créer l’Etat d’Azawad, ces Occidentaux ont fait convoyer les armes de la Libye vers le Mali par le Burkina Faso (…) ». Et quand le président Roch Kaboré a voulu combattre ces terroristes venus de la Libye, « il s’est vite rendu compte que le Faso n’avait pas d’armée. Il y avait, certes, une armée mais elle n’était pas armée pour faire face à la puissance de feu des terroristes », précise le Commissaire Idrissa Séré qui en appelle à la mobilisation générale pour freiner le terrorisme dans ces pays du Sahel.
« Il faut la mobilisation de tout le monde. Car, les militaires seuls ne peuvent pas lutter contre les terroristes soutenus par les Occidentaux. Tant qu’il n’y aura pas d’union, on ne pourra pas s’en sortir. Laissons de côté les histoires de Cdp, Mpp, Udc…pour faire un front commun contre le terrorisme », alerte l’expert de nationalité burkinabè.
Il a profité de la tribune pour lancer un appel à ses compatriotes: « Evitez de par vos comportements de saboter les relations de bon voisinage avec le peuple frère ivoirien. Arrêtez les mesquineries entre vous pour cultiver plus de solidarité. Quand j’arrive dans certains endroits, j’ai honte, parfois, de dire que je suis Burkinabè. Parce que des compatriotes ont des comportements indécents. Arrètez ça! », supplie-t-il.
Alfred SIRIMA
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