@Informateur- Au cours d’une conférence de presse qu’il a animé le samedi 02 avril dernier à Yopougon, le Collectif des syndicats agricoles de Côte d’Ivoire (COSACI) s’est prononcé sur la commercialisation du Café-cacao, le non-respect des prix et l’appui de 17 milliards FCFA aux producteurs dans le cadre du fonds Covid-19. Ci-dessous la déclaration liminaire.
«Le Jeudi 31 Mars 2022, le Gouvernement Ivoirien à travers le Ministre d’état, Ministre de l’agriculture et du développement rural a fixé le Prix du Kg de Cacao à 825 FCFA. Nous remercions le président de la république son Excellence Alassane Ouattara, le ministère de l’agriculture, le Conseil Café-Cacao et l’ensemble des producteurs de Café-Cacao disséminés dans les campements et villages à l’intérieur du pays, pour les efforts et autres sacrifices consentis de part et d’autre.
Nos efforts conjugués portent la résilience de l’économie ivoirienne, notre pays si cher dans un environnement plus difficile et complexe avec la pandémie COVID19 qui sévit et n’épargne personne depuis des années. Parlant de cette crise sanitaire mondiale, nous disons infiniment
Merci à Son Excellence le Président Alassane Ouattara et le gouvernement pour leur geste de solidarité envers les producteurs Café-Cacao à hauteur de 17 milliards FCFA de soutien. Nous encourageons le ministre de l’Agriculture et le Conseil Café-cacao à davantage discuter avec les syndicats pour une répartition apaisée, sans contestations et bruits.

Passée l’euphorie de ce prix de 825 FCFA le Kg, revenons à la réalité du terrain où les nombreux producteurs de Café-Cacao, travailleurs plus faibles et qui sont aussi les plus essentiels dans la chaîne de valeur broient du noir depuis des décennies pour le non-respect du prix bord-champ.
Une chose est de fixer un prix enchanteur et l’applaudir mais une autre est de le faire respecter et le faire appliquer au bord-champ. Loin des médias et des bureaux climatisés de l’immeuble Caistab où loge le Conseil Café-cacao, le régulateur national.
Au cœur de ce problème des prix réside la pauvreté endémique dans laquelle se trouvent les nombreux producteurs de cacao.
La chaîne d’approvisionnement mondiale du cacao se caractérise par une répartition profondément inégale des revenus entre ses différents acteurs.
D’un côté, une industrie du chocolat dominée par un petit groupe de multinationales en plein essor avec un marché estimé à 138 milliards de dollars (124 milliards d’euros) en 2022.
De l’autre, des millions d’agriculteurs issus des pays producteurs de cacao en Afrique, Amérique centrale et du Sud ainsi qu’en Asie. Près de 95 % du cacao mondial est cultivé dans de petites exploitations en auto subsistance et qui s’étendent sur 1 à 3 hectares.
La production de cacao en Afrique de l’Ouest représente actuellement 74 % de la production mondiale plus spécifiquement les deux premiers producteurs mondiaux notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana.
La filière du cacao est dominée et dépendante de la production de l’Afrique de l’Ouest mais l’écart dans la répartition de la valeur semble plus large que jamais, car les agriculteurs locaux disposent des revenus les plus bas du secteur.
- Nous devons combler les limites de la messagerie électronique
Le Conseil du café-cacao organise les ventes à travers la messagerie électronique :
- 80% de ces ventes sont réalisés par les exportateurs locaux
- 20% par les opérateurs internationaux.
Nous sommes d’avis avec le Ministre d’état, Ministre de l’agriculture et du développement rural qui passait au crible notre système actuel de vente de Café-Cacao devant les membres de la Commission des affaires économiques et financières (Caef) de l’Assemblée nationale le 23 juillet 2020 au Plateau.
«Il est apparu que malgré des avantages certains, le système actuel de vente aux enchères par messagerie électronique présente de nombreuses limites, notamment au niveau de la commercialisation intérieure et extérieure. (…) Un tel mécanisme ne permet pas au Conseil du café-cacao de coopter les prix au moment où ils sont les plus intéressants et ainsi tirer avantage des hausses éventuelles du marché.
Cela a pour conséquence une perte de marge de bénéfice pour le Conseil café-cacao et surtout pour le producteur. Un autre inconvénient de cette procédure de vente aux enchères par le biais de la messagerie électronique est l’absence de contact direct avec les opérateurs, ce qui ne permet pas de mieux estimer les capacités de ceux-ci. En période de crise, la procédure de vente à l’exportation par le biais de la messagerie électronique cause un problème d’évacuation des produits café-cacao.
En vue d’optimiser les résultats de la vente des exportations et garantir un meilleur prix au producteur, il convient donc de prévoir en plus du recours à la messagerie électronique, l’utilisation de nouveaux mécanismes de vente. Le cadre de concertation entre la Côte d’Ivoire et le Ghana en vue de concevoir des politiques cacaoyères communes aux deux pays impose implicitement une révision de notre système actuel de vente».












