@Informateur.info- Le rythme des morts soldats et civils confondus qui se ramassent à la pelle depuis l’avènement au pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré a fini d’entamer la retenue de certains burkinabè qui n’hésitent pas à lui dire en des mots crus et sans concession son incapacité à garantir l’intégrité du territoire burkinabè et la sécurité de ses compatriotes.
De fait dans une vidéo devenue virale ces dernières heures, Ibrahima Maïga très critique vis-à-vis des autorités burkinabè relève des similitudes entre la situation sécuritaire en Somalie et au Burkina Faso. Méthodique, ce citoyen burkinabè visiblement écœuré par le sort que vit son pays, rappelle comment l’hydre terroriste s’est insidieusement installée au Burkina Faso en raison de l’inaction des autorités qui n’ont pas pris la mesure du drame qui se jouait.
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«Quand la crise a commencé c’était à Djibo. C’était encore possible d’inverser les choses avec un peu de stratégie. On ne l’a pas fait. Après, d’autres provinces de la région ont été atteintes. Aujourd’hui, c’est parti dans d’autres régions du pays de telle sorte que sur les 13 régions du Burkina, 12 souffrent de l’insécurité», dépeint-il avec amertume. Avant de s’offusquer : «Le comble dans ça est que personne n’admet que c’est de sa faute». Mais pour Maïga, il y a bel et bien un responsable à qui la dégradation sécuritaire incombe et cette personne, c’est bien le chef de l’Etat et personne d’autre.
«C’est lui le chef de famille et il doit avoir une stratégie face aux ennemis. C’est pour ça qu’on a une armée, c’est pour ça qu’on a des institutions (…) le Chef de l’Etat est le premier responsable c’est lui qu’on a élu et non ceux qu’il a choisis de s’entourer», recentre à propos Maïga ; qui dénonce au passage l’action de sabotage des contestations des populations par une poignée de partisans du pouvoir qui se sont enrichis au point de se moquer du sort des autres.
Pour ce dernier, ce sont «Les mauvaises solutions qui ont amené la Somalie à se retrouver dans une situation que personne n’envie. Au début en Somalie c’était une petite crise dans une localité qui s’est transportée dans d’autres zones du pays. Aujourd’hui la capitale Mogadiscio n’est pas contrôlée par le gouvernement Somalien. Le gouvernement ne contrôle que l’aéroport et cela avec l’appui des forces internationales. Si on ne veut pas que cela arrive au Burkina, il nous faut réfléchir de façon objective. Ça commencé en 2015 dans une localité et aujourd’hui nous sommes en 2021, et le terrorisme est dans 12 des 13 régions du Burkina. Vu que la situation ne fait que s’empirer où allons-nous nous retrouver dans 3 ou 4 ans. Le terrorisme ne va pas reculer seul. A chaque comportement laxiste du gouvernement, ils gagnent du terrain et ça leur donne de l’espoir».
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Ce qui semble le plus écœuré Ibrahima Maïga et il le fait remarquer avec insistance «C’est comment expliquer qu’un gouvernement qui ne parvient pas à protéger sa population au point où on a plus d’un million de déplacés internes arrive-t-il à protéger des multinationales qui exploitent l’or en plein Sahel et à assurer leur pérennité ?». Pour lui, il est clair que le régime Kaboré a fait un choix clair : privilégier les règlements de compte, l’enrichissement illicite, les détournements des ressources du pays et le laxisme face à l’insécurité.
Face à cette réalité, Ibrahima Maïga en appelle à la formation d’un gouvernement d’union nationale pour faire face à la crise sécuritaire. «Nous sommes à un niveau où si l’on sous-estime la situation davantage et continuons de laisser ces gens qui ne pensent qu’à leur ventre et à nommer des camarades à des postes stratégiques pendant qu’on se plaint qu’il n’y a pas de ressource pour que les militaires puissent faire face à la crise, on va se réveiller un jour sans pays comme la Somalie», prévient-il.
Estimant que ce n’est pas de la critique facile puisque les faits et les chiffes sont évidents. «Comment était le pays quand ils sont arrivés et où on en est aujourd’hui après 7 ans de gouvernance. Ce n’est pas un débat. N’attendez pas qu’on vous appelle de venir chercher le corps d’un de vos proches à la morgue pour que ça commence à vous faire mal. Les morts qu’on enterre chaque jour appartiennent à des familles. Quand on parle de un million de déplacées internes, ce n’est pas de simples chiffres, ce sont des êtres humains qui respirent, qui ont mal, qui ont des rêves et des ambitions jusqu’à ce que l’irresponsabilité du gouvernement leur crée ce malheur», explique-t-il dans sa vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.
Alfred SIRIMA












