@informateur.ci- Au Soudan, la région du Darfour en particulier est une zone de crise à hauts risques armés, où l’aide humanitaire est régulièrement compromise en raison de la violence et de l’insécurité qui y règnent.
En 2025, ce constat inquiète encore plus avec les attaques répétées contre les convois humanitaires. Après l’assaut armé mené le 2 juin 2025 à Al Koma dans le Sud Darfour contre un convoi d’aide du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF destiné aux populations qui souffrent de la famine dans la région du pays, faisant au moins cinq morts, une autre attaque a encore visé un deuxième convoi du PAM, le mercredi 20 août 2025. Le nombre de victimes éventuelles n’a pas encore été indiqué par les sources locales et médiatiques. Il ressort que les membres du personnel humanitaires sont sortis vivants de l’embuscade qui n’a pas été revendiquée ou attribuée à un groupes armé précis.
Trois des seize camions du convoi transportant l’aide humanitaire ont été endommagés lors de l’assaut armé et ont pris feu. Ce sont deux attaques ciblant des convois humanitaires en moins d’un mois au Nord-Darfour. Faut-il le dire, ces violences font le lit d’une catastrophe humanitaire au Soudan où des organisations dévouées comme la Croix-Rouge, Médecins Sans Frontières, l’UNICEF et autres volontaires font beaucoup d’efforts pour maintenir leur présence en dépit des risques encourus. Les récentes agressions sur les convois humanitaires dans la région du Darfour illustrent la vulnérabilité de toute l’aide apportée à cette zone déchirée par la guerre.
Les organisations comme World Vision, Action contre la Faim et CARE International désespèrent de pouvoir continuer leurs missions sans risquer leur vie. La suspension temporaire ou définitive des opérations devient une option face aux menaces persistantes, ce qui aggrave la situation négligée par la majorité des médias.
Malheureusement, les attaques ne font pas que dégrader le matériel, elles entravent les chances d’évacuer efficacement les vivres ou d’opérer des interventions médicales pour des populations en grand péril. Faisant planer le risque d’une famine accrue vu que les stocks alimentaires ne peuvent plus être distribués en toute sécurité. Qui plus est, l’accès aux soins est compromis et la sécurité alimentaire est fragilisée. Et il faut craindre que la suspension du programme alimentaire mondial au Soudan ne soit l’ultime option pour les organisations humanitaires. Ce qui laisserait des milliers d’enfants et de familles sans nourriture, sans soins dans une misère plus grande encore.
Face à ces attaques et la résistance de la part de groupes armés et des milices locales, ce qui rend souvent la tâche quasi impossible, le Comité international de Secours, Save the Children et d’autres organisations lancent un appel aux autorités soudanaises pour qu’elles prennent leurs responsabilités, et aux groupes armés pour que cessent les attaques contre les convois humanitaires dont la vie des populations des zones de conflit dépend en grande partie.
Maurice Konan KOUASSI













