Investigateur.net- Un enregistrement sonore supposé être la conversation téléphonique entre le général Djibrill Bassolé et le président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, publié ce jeudi 12 novembre sur les réseaux sociaux défraie la chronique. Le buzz ainsi créé, en pleine campagne présidentielle au Burkina Faso cristallise à la fois des passions et des aversions. Investigateur.net qui avait déjà écrit sur la difficulté que les autorités de la transition avaient à rendre public ce fameux enregistrement est à même de dire que cette bande sonore est le résultat d’un grotesque montage. En effet, selon nos sources au sein des renseignements burkinabè, il y a bel et bien eu un échange téléphonique entre Djibrill Basssolé et Guillaume Soro. Nos sources précisent même que le coup de fil a été émis par Djibrill Bassolé en direction de la Côte d’Ivoire. Quant au contenu, c’est un échange comme cela a souvent eu lieu entre les deux hommes. Sauf que cet échange intervenu dans la foule du coup d’Etat au Burkina Faso portait sur les appréhensions de Djibill Bassolé qui souhaitait quittait le Burkina Faso le temps que la tension baisse. A cette requête, selon les renseignements burkinabè, Guillaume Soro s’est alors montré disposer à l’aider étant donné que Djibrill Bassolé faisait l’objet d’un gel de ses avoirs. Que pouvait-il objectivement attendre de mieux en pareille circonstance de son ami, si ce n’est ce coup de main. Selon nos sources au sein des renseignements burkinabés qui nous ont rapportés ces faits en début octobre dernier, le coup de fil passé entre Djibrill Bassolé et Guillaume Soro n’est en rien constitutif de délit. «Une personnalité de la trempe de Djibrill ne manque pas d’amis qui lui viendraient volontairement en aide dans un contexte aussi difficile. Mais son malheur ici vient du fait que c’est Guillaume Soro qui a voulu l’aider à quitter le pays»,nous avons confié notre source. Pour elle, les autorités de la transition ont vu d’un mauvais œil cette aide de Guillaume Soro, fut- elle adressée à un ami dont les rapports sont connus de tous depuis plus d’une décennie.
Pourquoi, le tribunal militaire doit réagir ?
Et puisque les autorités de la transition nourrissaient une dent contre Djibrill Bassolé, surtout après qu’il s’est déclaré candidat, cet élément va être insidieusement exploité contre lui et par ricochet contre Guillaume Soro. Depuis sont incarcération, le détenu et sa défense réclameront en vain ce fameux enregistrement. Et c’est curieusement, ce jeudi 12 novembre 2015, comme par enchantement que l’enregistrement en question se retrouve sur les réseaux sociaux. Si une telle pièce à conviction a pu échapper aux mains des fins limiers de la presse pour se retrouver aussi facilement entre celles de simples citoyens ordinaires, son analyse laisse cependant dubitatif quant à son authenticité. Et c’est justement à ce niveau que l’on est tenté de se demande si ce n’est pas une cabale montée de toute pièce contre le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Une personnalité de la trempe de Guillaume Soro qui a géré près de dix ans une rébellion ne peut pas se laisser aller à une conversation téléphonique de cette nature sachant pertinemment que les appels n’échappent pas aux écoutes. En tout état de cause, sur la base donc des éléments d’informations émanant de ceux qui détiennent le vrai enregistrement, on peut dire que tout ce qui est reproche au président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, c’est d’avoir voulu aider un ami à s’éloigner d’un climat délétère qui prévalait à Ouaga. De là à extrapoler sur des supposés soutiens en vue de déstabiliser le Burkina Faso, alors même que l’on sait pertinemment que les preuves disponibles n’attestent pas cela, est un jeu dangereux de pourrissement des relations bilatérales dont le Burkina devrait se garder.
Au demeurant, il sera judicieux que le tribunal militaire présidé par le Colonel Sita Sangaré se prononce clairement sur cet enregistrement qui crée le buzz et dont le fond sonore est aussi biaisé. Garder le silence sur ce fait gravissime sera un témoignage éloquent de la volonté même des autorités burkinabè d’entretenir le flou et la confusion sur des faits aussi simples. A supposé même que cet enregistrement sur les réseaux sociaux soit vrai, comment s’est-il retrouvé là, alors que l’instruction n’est pas encore bouclé ? Simple question !
Charlène Adjovi












