A l’appel de Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), une coalition de partis politiques et de mouvements de la société civile, présidée par Pr Armand Ouégnin, une manifestation qui appelait , ce jeudi 22 mars 2018, à une marche pacifique contre la tenue des élections sénatoriales a été dispersée par les forces de l’ordre.
La place des martyrs à Adjamé, lieu de rassemblement des manifestants a été le théâtre , ce jeudi, de la ‘’rixe’’ entre forces de l’ordre et opposants qui ne comprenaient pas l’intervention de celles-ci. Et pourtant, la manifestation devait se faire de manière pacifique. Pourquoi donc, au lieu d’encadrer la marche comme c’est la règle en pareilles circonstances, les policiers ont-ils chargé et gazé, et poursuivi dans les rues et ruelles de la commune ceux qui devaient marcher et qui, finalement, sont retournés chez eux ? Cette question pose la problématique du respect des libertés (individuelles et collectives) en Côte d’Ivoire. Il est vrai que cela remonte à longtemps mais peut-on justifier un manquement par une autre faillite ? Aussi, le fait que les régimes passés étaient enclins à réprimer leurs opposants peut-il justifier la répression de la marche de ce jeudi ? La réponse est non, bien évidemment. D’autant que l’actuel régime s’était inscrit, semble-t-il, dans une logique de rupture avec les pratiques et l’ordre anciens. On se demande alors, pourquoi a-t-on empêché cette marche qui se voulait pacifique ?
Au reste, que cache la frilosité du pouvoir qui semble atteint de ‘’paranoïa’’ voyant un ‘’ennemi’’ derrière chaque contradicteur ou opposant. C’est une attitude qui jure avec l’image que veut se donner le pouvoir Ouattara présenté par les hagiographes de l’ancien Premier ministre d’Houphouet comme un modèle et une référence en Afrique. A l’évidence, il y a un ‘’hiatus’’ entre le discours officiel et la réalité. Cela est du plus mauvais effet. Cela dit, que perdait le régime à laisser les opposants marcher comme ils l’ont promis ? Rien. Alors que la répression de cette manif apporte de l’eau aux détracteurs du régime qui n’ont de cesse de présenter le Chef de l’Etat comme un dictateur ‘’allergique’’ à la critique et à la contradiction. Qui pourra désormais récuser cette opinion ?
René Ambroise Tiétié












