‘@Informateur.info- En vue de porter à la connaissance des victimes, l’évolution de la phase des réparations en Côte d’Ivoire, dans le cadre des activités du «projet de renforcement de la société civile et des victimes, dans le cadre de la demande et de la gestion des réparations», la confédération des organisations de victimes de la crise ivoirienne (COVICI) a animé un point de presse ce samedi 27 octobre 2018 à Adjamé, une commune du district d’Abidjan.
Avant d’aborder l’objet de cette rencontre, M. Kanté Lassina, PCA de la COVICI, a tenu à faire un rappel des étapes des réparations individuels et communautaires. Démarrée le 4 août 2015 pour prendre fin le 30 octobre 2017, avec une enveloppe de 10 milliards FCFA, la phase pilote a permis de dédommager 4500 personnes, dont 3500 ayants droit et 1000 victimes de blessures graves. Cette étape, a fait place à la grande phase d’indemnisation lancée le 30 octobre 2017 par la ministre de la solidarité. Dans cette phase, l’indemnisation se fait sur la base des données produites par la CONARIV, qui disposerait de 316.957 dossiers de victimes validés. Du lancement de cette phase jusqu’en juin dernier, le bilan produit par le programme national de cohésion sociale fait état d’un peu plus de 950 ayants droit indemnisés et de 610 blessés pris en charge.
Si la COVICI se réjouit du renforcement de la collaboration entre elle et le ministère de la solidarité et apprécie à sa juste valeur, le début des réparations individuelles avec des distributions de chèques et l’octroi de bons de prises en charge aux blessés, elle s’inquiète par contre de la non-existence jusqu’à ce jour, d’un cadre légal déterminant le statut des victimes, les modalités de réparations et régissant tout le processus d’indemnisation. Aussi la COVICI note que plusieurs mois après la fin de la phase pilote, le bilan qui serait disponible selon le ministère, ne soit pas encore accessible aux organisations de victimes. Par ailleurs, Kanté Lassina n’a pas manqué de relever le coût très élevé des extraits d’actes de décès, qui constitue un frein à la constitution du dossier d’indemnisation.
Ainsi, la COVICI recommande entre autres, la gratuité de l’établissement des certificats de non-déclaration de d décès et d’un jugement supplétif de décès, la publication du rapport de la CONARIV, et surtout, l’adoption de l’avant-projet de loi portant statut des victimes, déposé à l’hémicycle. Aussi dans un souci de transparence, la COVICI souhaite que le schéma de prise en charge médicale des blessés et la prise en charge scolaire des orphelins du fait de la guerre, soit officiellement et clairement communiqué aux victimes.
Yannick Kobo













