En marge de la mission qu’il a effectuée au Canada, où il a pris part à la 44ème session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), Guillaume Soro, a rencontré les Ivoiriens résidant à Montréal. Les échanges ont tourné, pour l’essentiel, autour de la question de la réconciliation nationale.
« Si tu étais en prison, Guillaume Soro aurait été ton héros parce qu’il parle de réconciliation. Quand on est en prison, on veut sortir. Je peux le dire, parce que j’ai été en prison et vous le savez. Si on est bien inspiré, allons au pardon et que la Nation se retrouve autour du pardon et de la réconciliation. Et qu’on s’accepte dans la repentance. Je souhaite donc qu’on libère les prisonniers. Mais, il y en a qui disent : ‘’nous, on n’a rien fait’’, qui n’a rien fait ? On a tous fait quelque chose. Pour faire la guerre, il faut être deux. Parce que si tu prends ton fusil et que tu t’en vas en brousse, on dit tu vas à la chasse. Mais, lorsque que tu tires et qu’en face quelqu’un riposte, ça c’est la guerre. Il y en a aussi qui ne veulent pas pardonner et qui refusent la réconciliation. Je peux les comprendre. Ils sont dans leur salon et ils ont la possibilité d’embrasser leurs enfants et leurs femmes tous les soirs et quand ils sont rassasiés, ils disent qu’ils ne veulent pas du pardon. Le jour où on va les prendre et qu’on va les jeter en prison, ils vont saisir le sens du pardon et de la réconciliation. Si on doit m’insulter à cause de ça, qu’on m’insulte», s’est longuement exprimé le Pan face à ses compatriotes expatriés au Canada. Naturellement, la question du 3ème mandat du président Ouattara a été soulevée. Guillaume Soro a indiqué qu’il fallait faire confiance au Chef de l’Etat qui a promis s’adresser aux Ivoiriens le 6 août prochain. Ce dernier a dit qu’il annoncerait de bonnes nouvelles. Il n’y a pas de raisons de ne pas lui faire confiance, a soutenu l’orateur. Celui-ci n’a pas éludé le problème des déguerpis. Il a dit que l’Assemblée nationale s’était saisie de la question et qu’elle entendait écouter toutes les parties (déguerpis et gouvernement) avant de se prononcer.
René Ambroise Tiétié












