@Informateur.info- L’exercice ne semble pas du tout aisé pour la direction de l’abattoir qui tient à prouver à l’opinion dans la crise qui l’oppose aux bouchers qu’elle a le contrôle de la situation quant à la disponibilité de la viande sur le marché. En effet, depuis l’entrée en grève des bouchers chevillards le 22 mai dernier contre la hausse du coût de l’abattage qui est passé de 3.000 à 22.000FCFA, le District d’Abidjan est menacé par une pénurie de viande fraîche. Dans plusieurs communes comme Yopougon, Port-Bouët et Marcory, les bouchers ne sont plus approvisionnés. Mais alors que le circuit d’approvisionnement a pris du plomb dans l’aile, la direction de l’abattoir qui se targue de disposer d’une grande chambre froide pleine de viande, est à la recherche d’une solution palliative.
Face à l’intransigeance des bouchers chevillards qui bénéficient de la solidarité des marchands de bœufs, la direction de l’abattoir dans sa volonté de se substituer à ces derniers tente laborieusement de se procurer des bêtes à Dabou et à Anyama.
En effet, ce lundi 27 mai 219, sixième jour de l’arrêt de travail des bouchers, ce sont une soixantaine de bœufs que la direction de l’abattoir a pu réunir et dont l’abattage est programmé pour cette nuit. Les jours précédents, la moisson était bien maigre, car seulement 30 à 40 bœufs étaient collectés par jour. Ce qui représente une goutte d’eau dans les besoins des populations du district d’Abidjan estimés entre 600 et 650 bœufs par jour. Sans compter le nombre de petits ruminants tués.
Dimanche dernier le directeur de l’abattoir, Dr Dagnogo Komissiri justifiait, sur le plateau de la RTI, la nouvelle tarification par le cumul des frais annexes entrant dans la chaîne de l’abattage. Or c’est justement le report systématique de ces frais dits annexes (Sans réduction) sur le coût initial de l’abattage qui suscite la grève des bouchers chevillards.
Faut-il le rappeler, le même dimanche 26 mai 2019, la fédération nationale des coopératives de la filière bétail-viande est montée au créneau pour exhorter les parties en conflit à la discussion. Cette faîtière a même plaidé pour un report de l’application de la nouvelle tarification de l’abattage.
Jean François Fall












