@Informateur.info- 24 heures après que les bouchers chevillards ont demandé à Issaka Sawadogo, président de la Confédération de la filière bétail-viande de discuter avec les autorités afin de trouver une solution à la crise qui secoue l’abattoir, les choses se sont accélérées dans le bon sens. En effet, au terme d’une rencontre initiée par la primature avec les acteurs de la filière, le district et le ministère des ressources animales et halieutiques, ce vendredi 31 mai 2019, il a été décidé de la suspension de l’application de la nouvelle tarification pour un délai d’un mois. Ce, à compter de ce vendredi. Une décision qui sonne comme une première victoire pour les bouchers chevillards qui ont entamé la grève depuis le 22 mai dernier contre la nouvelle tarification de l’abattage qui passe de 3.000 à 22.000 FCFA.
Dans un souci de désamorcer ce qui prenait des tournures d’une bombe sociale avec la hausse induite du coût de la viande due à la grève sur les marchés, le gouvernement a pris la décision non seulement d’annuler la nouvelle tarification annoncée mais surtout de suspendre également la taxe initiale du coût de l’abattage de 3.000 FCFA. De nouvelles discussions auront lieu en juillet prochain entre les différentes parties sous l’égide du gouvernement pour la fixation d’un prix consensuel.
Dès ce vendredi nuit, comme convenu, tous les abattages de l’abattoir de Port-Bouët sont exonérés de taxes. Selon le Collectif des syndicats des bouchers de Côte d’Ivoire les abattages reprennent cette nuit. «Nous avons programmé l’abattage de 1.300 bœufs à partir de minuit ce vendredi en continu jusqu’à demain samedi à 19 heures. Il faut que les marchés puissent être rapidement réapprovisionnés avant le ramadan», précisé Rasmané Zoungrana.
Faut-il le rappeler, le direction de l’abattoir, Dr Dagnogo Komissiri, le ministre des ressources animales et halieutiques, Adjoumani Kobénan et le gouverneur du District d’Abidjan, Beugré Mambé, ont solidairement justifié la nouvelle tarification de l’abattage par un cumul des coûts annexes liés à cette activité. Un report systématique que rejettent les bouchers chevillards qui ne s’y reconnaissent pas.
De fait, la nouvelle tarification ne participait en réalité que de la volonté de ses défenseurs ( Adjoumani- Mambé- Komissiri) de voir le coût de la modernisation de l’abattoir estimé à 18 milliards FCFA être remboursé dans de meilleurs délais. Or justement à propos de l’estimation du coût des travaux de rénovation, le maire d’Adjamé, par ailleurs président de la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (Fenacci), lui, estime que ce coût a été surévalué. «Le coût prévisionnel qui était de 4 milliards est passé à 18 milliards. Et c’est aux commerçants que la direction de l’abattoir et la société Afam qui a réalisé l’aménagement veulent faire payer le soi-disant surplus sur investissement», a expliqué Farikou Soumahoro à la presse le 29 mai dernier.
Jean François Fall












