@informateur.ci- À l’occasion de la 4e édition de la Fête de la Renaissance organisée du 14 au 16 mai 2026 à Songon, Laurent Gbagbo a prononcé un long discours marqué par des critiques contre le pouvoir, des appels à la défense des libertés publiques et une annonce importante concernant l’organisation interne du PPA-CI.
Réélu récemment à la tête de son parti lors du congrès du PPA-CI, l’ancien chef de l’État a annoncé qu’il comptait prochainement déléguer certaines prérogatives présidentielles afin d’assurer le fonctionnement quotidien de la formation politique. «Je vais déléguer les pouvoirs du président», a-t-il déclaré devant ses militants, précisant toutefois qu’il ne s’agissait pas de désigner un successeur politique.
Selon lui, cette délégation permettra à un responsable du parti de gérer les activités courantes pendant qu’il conserve son rôle de leader politique. «Cela ne veut pas dire que je nomme mon successeur », a insisté Laurent Gbagbo, évoquant la nécessité de préparer les cadres du parti à l’exercice des responsabilités. Il a également annoncé la tenue prochaine des congrès des jeunes et des femmes du PPA-CI pour renouveler leurs instances dirigeantes.
Une large partie de son intervention a été consacrée à la situation des militants emprisonnés. Laurent Gbagbo a affirmé que plus de 1 600 de ses partisans seraient détenus en Côte d’Ivoire. Il a notamment cité les cas de Lida Kouassi, Damana Pickass et du militant surnommé « mpetit Zigui», actuellement détenu à la MACA selon ses propos.
L’ancien président a dénoncé ce qu’il considère comme des atteintes à la liberté d’expression, évoquant l’arrestation de militants ayant participé à des manifestations contre la vie chère. «Dire que la vie est chère ne doit pas conduire en prison », a-t-il martelé, rappelant que des manifestations sociales avaient également eu lieu sous ses prédécesseurs et durant sa propre gouvernance sans entraîner, selon lui, de répression similaire.
Sur le plan politique, Laurent Gbagbo a vivement critiqué le processus électoral ivoirien. Il a dénoncé l’exclusion de certaines candidatures à la présidentielle, notamment la sienne et celle de Tidjane Thiam.
Le président du PPA-CI a par ailleurs abordé les questions sécuritaires en Afrique de l’Ouest, évoquant les crises au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Nigeria. Il a apporté son soutien aux États confrontés aux rébellions armées et condamné les tentatives de déstabilisation visant le Mali et son dirigeant Assimi Goïta.
Enfin, Laurent Gbagbo a réaffirmé son engagement pour la démocratie et les libertés publiques, estimant que « sans liberté, il n’y a pas de développement ».
Yannick KOBO












