@informateur.ci- À quelques jours de la Tabaski, la Côte d’Ivoire fait face à une situation préoccupante sur le marché du bétail. Le pays doit réunir près de 172.000 têtes pour satisfaire la forte demande liée à l’Aïd el-Kebir, mais la suspension des exportations de bétail décidée par le Burkina Faso vient fragiliser l’approvisionnement des marchés ivoiriens.
Le gouvernement burkinabè a annoncé, ce lundi 11 mai 2026, l’arrêt immédiat de l’exportation des animaux sur pied vers toutes les destinations étrangères, y compris la Côte d’Ivoire. La mesure, officialisée à travers un communiqué interministériel signé le 8 mai, suspend également la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) jusqu’à nouvel ordre.
Toutefois, les autorités de Ouagadougou accordent un délai transitoire d’une semaine aux exportateurs disposant encore d’ASE valides afin de finaliser leurs opérations. Passé ce délai, aucune sortie de bétail ne sera autorisée. Le gouvernement burkinabè affirme vouloir faire respecter strictement cette décision avec l’appui des forces de sécurité et des services techniques compétents.
Cette suspension s’inscrit dans une stratégie de protection du marché intérieur burkinabé. En période de Tabaski, la demande explose et les exportations massives vers les pays voisins provoquent souvent une hausse des prix et des tensions sur l’approvisionnement local. Ouagadougou privilégie ainsi la souveraineté alimentaire et la disponibilité du bétail pour ses propres populations.
Pour Abidjan, cette décision intervient à un moment particulièrement sensible. La Côte d’Ivoire dépend fortement des importations en provenance des pays sahéliens pour couvrir les besoins de la fête musulmane. Le Burkina Faso figure historiquement parmi les principaux fournisseurs du marché ivoirien, aux côtés du Mali, du Niger et du Bénin.
Les autorités ivoiriennes espèrent désormais que les autres pays de la sous-région pourront compenser le déficit annoncé. Mais les acteurs de la filière craignent déjà une flambée des prix dans les marchés à bétail si l’offre venait à se réduire davantage dans les prochains jours.
À l’approche de la Tabaski, commerçants et consommateurs restent suspendus à l’évolution de la situation, dans l’attente de savoir si les 172.000 têtes nécessaires pourront être mobilisées à temps.
Djah OPELY












