@informateur.ci- Le gouvernement zimbabwéen a annoncé la restitution de 67 fermes à d’anciens propriétaires étrangers expropriés au début des années 2000 sous le régime de Robert Mugabe. Cette décision s’inscrit dans le cadre des engagements pris par Harare pour respecter plusieurs accords bilatéraux de protection des investissements conclus avec des pays européens.
Les bénéficiaires de cette mesure sont principalement des agriculteurs originaires du Danemark, de la Suisse, de l’Allemagne et des Pays-Bas. Selon les autorités, cette initiative vise à restaurer la confiance des investisseurs étrangers et à améliorer les relations diplomatiques avec plusieurs partenaires occidentaux.
Le président Emmerson Mnangagwa a toutefois insisté sur le fait que cette restitution ne signifie pas un abandon de la réforme agraire lancée sous Robert Mugabe. Cette politique controversée avait conduit à l’expropriation de milliers de fermiers blancs, accusés de détenir des terres héritées de l’époque coloniale.
Le gouvernement affirme vouloir concilier justice foncière et relance économique. Les autorités rappellent également que plus de 800 fermes devraient être restituées à des citoyens zimbabwéens noirs dans le cadre d’un vaste programme de régularisation foncière.
Mais la mise en œuvre de cette politique s’annonce complexe. De nombreuses exploitations agricoles ont été lourdement dégradées au fil des années. Certaines infrastructures sont aujourd’hui inutilisables, tandis que plusieurs terres concernées font l’objet d’occupations illégales ou de litiges.
Les experts estiment également que le secteur agricole zimbabwéen souffre d’un manque chronique d’investissements, aggravé par l’instabilité foncière et les difficultés économiques du pays. Malgré ces obstacles, Harare espère que ces restitutions permettront de relancer la production agricole et d’envoyer un signal positif aux investisseurs internationaux.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie de réengagement international engagée par le Zimbabwe depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmerson Mnangagwa en 2017.
Djah OPELY












