@informateur.ci- La Côte d’Ivoire est confrontée à un déséquilibre persistant entre la formation académique et les besoins du marché du travail, un enjeu qui pèse particulièrement sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Chaque année, près de 300 000 nouveaux diplômés arrivent sur le marché de l’emploi, accentuant la pression sur un tissu économique encore largement dominé par le secteur informel. Selon une étude publiée en 2023 par l’Organisation internationale pour les migrations, le secteur formel ne génère que 10,8 % des emplois disponibles, limitant fortement les perspectives d’embauche pour les profils qualifiés.
Cette situation se reflète dans les statistiques récentes. D’après une publication de 2025 dans la Revue française d’économie, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur atteint désormais 9,17 %, illustrant les difficultés d’adéquation entre les compétences acquises et les exigences du marché.
Face à ce défi structurel, les autorités ivoiriennes ont engagé plusieurs initiatives pour favoriser l’employabilité. Le Programme national de stage, d’apprentissage et de reconversion a ainsi permis d’offrir plus de 142 000 opportunités entre 2024 et 2025. L’objectif est d’atteindre plus de 152 000 bénéficiaires en 2026.
Parallèlement, le gouvernement mise sur le développement de la formation professionnelle. Au total, 154 établissements sont en cours de déploiement à travers le pays, dont plusieurs lycées techniques déjà inaugurés, afin de mieux orienter les jeunes vers des filières adaptées aux besoins économiques.
Malgré ces efforts, les réponses essentiellement quantitatives peinent à produire des résultats durables. Pour Abidjan, le véritable défi réside désormais dans l’amélioration de la qualité des formations et leur alignement avec les réalités du marché du travail. Une réforme en profondeur du système éducatif apparaît ainsi comme un levier clé pour stimuler un emploi plus stable et inclusif.
Djah OPELY












