@informateur.ci- L’administration américaine a annoncé la suspension du traitement des visas d’immigrants pour les ressortissants de 75 pays, dont 25 États africains, à compter du 21 janvier. La mesure, confirmée mercredi 14 janvier par un porte-parole du Département d’État et détaillée dans un télégramme interne consulté par Reuters, s’inscrit dans le durcissement de la politique migratoire engagé par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.
Parmi les pays concernés figurent plusieurs poids lourds démographiques et économiques du continent africain, notamment le Nigeria, l’Éthiopie, l’Égypte, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal et l’Algérie. Des États fragilisés par des crises politiques ou sécuritaires, tels que la Libye, la Somalie, le Soudan ou l’Érythrée, sont également touchés. À eux seuls, ces pays représentent une part importante des diasporas africaines légalement installées aux États-Unis, souvent essentielles aux économies nationales à travers les transferts de fonds.
Selon Washington, cette décision est motivée par un risque jugé « élevé » que certains immigrants deviennent «une charge publique» via les aides sociales américaines. L’administration affirme vouloir garantir « le plus haut niveau de vérification » et préserver les ressources des gouvernements locaux, étatiques et fédéraux. Cette ligne s’inscrit dans une relecture globale des mécanismes d’immigration légale, avec des contrôles administratifs et numériques renforcés.
Concrètement, le gel concerne les visas d’immigrants liés au regroupement familial, à l’installation permanente et à certaines catégories professionnelles, y compris pour des dossiers déjà validés et prêts à être imprimés. Les visas de visiteurs restent, pour l’heure, exclus de cette suspension.
Sur le continent africain, l’impact pourrait être immédiat. Pour de nombreuses familles, ce gel brutal met fin à des projets de longue date, qu’ils soient familiaux, éducatifs ou professionnels. Depuis janvier, plus de 100 000 visas auraient déjà été révoqués, accentuant le climat d’incertitude.
Des analystes y voient un signal politique fort. David Bier, du Cato Institute, estime que ces restrictions pourraient exclure près de la moitié des immigrants légaux attendus aux États-Unis en 2026. Une perspective préoccupante pour des pays où la migration constitue un levier majeur de mobilité sociale et économique. En 2024, les transferts de la diaspora africaine étaient estimés à environ 10 milliards de dollars, dépassant parfois l’aide publique au développement.
Pour l’Afrique, cette suspension massive dépasse le cadre administratif : elle marque un nouveau test dans des relations déjà déséquilibrées avec Washington, après des interdictions d’accès au territoire américain visant récemment le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour des raisons de sécurité nationale.
Djah OPELY












