@informateur.ci- À quelques jours de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire, le Père Marius Hervé Djadji lance un appel vibrant à la réconciliation nationale. Dans un message empreint de réalisme et d’espérance, le prêtre invite les acteurs politiques, les religieux et la société civile à user de la parole comme instrument de paix pour sauver la nation des divisions récurrentes.
Le Père Djadji déplore que, malgré les années passées et les multiples prières, la Côte d’Ivoire demeure prisonnière du « démon électoral », symbole des rancunes et rivalités héritées des crises politiques des années 1990. Selon lui, ce mal profond renaît à chaque échéance électorale, alimenté par les mensonges, la méchanceté et l’exclusion. « Le diable électoral a vaincu les sourires, les amitiés et les histoires d’unité », observe-t-il, regrettant que les mêmes acteurs et discours reviennent avec la même intensité de division.
Face à ce climat, le religieux en appelle à un dialogue franc entre toutes les parties. S’adressant directement au président Alassane Ouattara, il exhorte le chef de l’État à aller au-delà de la victoire électorale pour « gouverner les cœurs » et « atteindre les âmes par l’âme et non par les armes ». Pour lui, la véritable autorité se mesure à la capacité d’unir les consciences plutôt que d’imposer le pouvoir par la force. Il l’invite donc à échanger avec les Ivoiriens qui se sentent marginalisés afin d’apaiser les frustrations.
Aux opposants, le Père Djadji conseille la persévérance dans la voie du dialogue pacifique. Il estime que la force d’un leader réside dans la parole, seule capable de « recréer une Côte d’Ivoire nouvelle».
Le prêtre interpelle également les religieux, les intellectuels et les chefs traditionnels à jouer un rôle de médiateurs entre le pouvoir et l’opposition. Il critique ceux qui, selon lui, ont perdu leur indépendance après avoir « mangé dans toutes les cuisines », oubliant leur mission morale de témoins et de bâtisseurs de paix.
Cependant, il croit encore en l’existence de « belles âmes » capables de restaurer un cadre fraternel et d’instaurer une véritable culture du dialogue. Pour le Père Djadji, la réconciliation nationale ne viendra pas du ciel : « Dieu attend maintenant les témoins pour constituer cette force médiatrice », conclut-il, appelant chaque Ivoirien à devenir artisan de paix.
Yannick KOBO












