@informateur.ci- Alors que le Liberia traverse une crise sans précédent liée à la consommation de drogues de synthèse, le président Joseph Boakai a procédé, le jeudi 28 août 2025, au limogeage de trois hauts responsables de l’Agence nationale de lutte contre la drogue. Une décision prise dans un contexte de pression sociale et de scandale qui ébranle la crédibilité des institutions chargées de combattre ce fléau.
Selon un communiqué officiel de la présidence, il s’agit du directeur général de l’agence, de son adjoint chargé des affaires administratives et de l’adjoint au directeur général en charge des opérations. Officiellement, ces destitutions sont justifiées par des « raisons administratives ». Toutefois, elles interviennent après une série de critiques de l’opinion publique sur l’efficacité de la lutte contre le trafic et la consommation de drogues.
Le Liberia est aujourd’hui l’un des pays les plus touchés en Afrique de l’Ouest par le kush, une drogue de synthèse apparue en 2016. Très bon marché, elle s’est imposée dans les quartiers défavorisés comme une alternative à la cocaïne et à l’héroïne. Mais sa forte addictivité en fait une véritable bombe sociale. Selon les Nations unies, un jeune sur cinq consomme de la drogue au Liberia, un chiffre alarmant qui illustre l’ampleur du défi.
Il y a trois semaines, plusieurs milliers de Libériens sont descendus dans les rues de Monrovia pour exiger du gouvernement des mesures urgentes face à l’explosion de la consommation de drogues. Ces manifestations massives traduisent le ras-le-bol d’une population confrontée aux effets dévastateurs du kush sur la jeunesse et la sécurité publique, rapporte Rfi.
La décision de Joseph Boakai survient également après la fuite d’un enregistrement audio compromettant. On y entend un haut responsable de l’agence demander à un policier de libérer sa fille, interpellée pour consommation de drogue. Cet épisode a largement circulé sur les réseaux sociaux, provoquant l’indignation et alimentant le sentiment d’impunité autour de ceux censés mener la lutte contre le fléau.
Dès son arrivée au pouvoir en janvier 2024, le président Boakai avait fait de la lutte contre la drogue une « urgence de santé publique». Le licenciement de ces trois responsables apparaît comme une tentative de restaurer la crédibilité de l’État dans ce combat prioritaire. Mais au-delà des sanctions administratives, la population attend des mesures concrètes pour endiguer une crise qui menace l’avenir d’une génération entière.
Djah OPELY












