@informateur.ci- Jean-Louis Billon critique la dérégulation imposée par la Banque mondiale et déplore l’absence d’acteurs ivoiriens dans la filière cacao, malgré le rang de premier producteur mondial du pays.
Jean-Louis Billon, homme politique et ancien ministre du Commerce, a récemment attiré l’attention sur un paradoxe préoccupant : l’absence marquée des Ivoiriens dans la chaîne de valeur du cacao, alors que la Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cette matière première.
Selon lui, cette situation est en grande partie la conséquence directe de politiques économiques mal orientées dans le passé. Il pointe du doigt la Banque mondiale, qui, au nom de la libéralisation économique, aurait imposé une dérégulation du secteur cacao-café sans tenir compte des réalités locales. « La Banque mondiale s’est complètement trompée. C’est une faute grave », a-t-il déclaré.
En comparaison, Billon cite le Ghana, pays voisin et également grand producteur de cacao, qui a refusé de céder à ces injonctions internationales. Grâce à cette décision stratégique, le Ghana a réussi à préserver une plus grande autonomie dans son secteur agricole.
Billon s’indigne du fait que la Côte d’Ivoire, malgré ses performances en production, reste dépendante des multinationales étrangères pour la transformation locale du cacao. « Il est aujourd’hui moins coûteux de transformer les fèves à Chicago ou à Amsterdam qu’à Abidjan », déplore-t-il, dénonçant une absurdité économique et un manque de souveraineté industrielle.
Pour lui, les multinationales ne transforment localement qu’une partie minime du cacao, essentiellement pour sécuriser leur chaîne d’approvisionnement, et non pour développer l’économie ivoirienne. Il appelle donc à une prise de conscience nationale et à la mise en place d’une stratégie permettant aux Ivoiriens de jouer un rôle central dans un secteur qui est pourtant leur principal levier économique.
Et de conclure par une comparaison frappante : « Imaginez la France sans entreprises françaises dans le vin ou le luxe… Ce serait impensable. Pourtant, c’est ce que nous vivons avec le cacao en Côte d’Ivoire. »
Djah OPELY












