@informateur.ci- La Côte d’Ivoire a déjà vendu par anticipation 850 000 tonnes de cacao pour la campagne 2025-2026, sur un total de 1,3 million autorisé, un volume record atteint avant le calendrier prévu.
Le marché du cacao confirme sa dynamique, malgré un contexte mondial incertain. Selon des sources proches du Conseil du Café-Cacao (CCC) relayées par Reuters, environ 850 000 tonnes de contrats d’exportation de cacao ont déjà été vendues par anticipation pour la campagne 2025-2026. Ce volume représente plus des deux tiers des 1,3 million de tonnes autorisées par le régulateur, bien avant l’échéance d’août initialement fixée.
Traditionnellement, la Côte d’Ivoire écoule environ 80 % de sa récolte de cacao à l’avance. Cette stratégie permet de sécuriser les prix dès l’ouverture des campagnes principales et intermédiaires, apportant une meilleure prévisibilité aux producteurs comme aux exportateurs.
Cette année, le CCC a volontairement plafonné les ventes à terme à 1,3 million de tonnes, contre 1,7 million les saisons précédentes. Cette prudence vise à limiter les risques de défauts de livraison en cas de baisse de production due à des conditions climatiques défavorables, comme cela a été observé dans certains bassins agricoles.
Malgré cette bonne performance en matière de ventes anticipées, les incertitudes demeurent. Le marché mondial du cacao reste sous pression. Bien que les prix aient reculé depuis leurs sommets historiques atteints en début d’année, ils restent encore 1,5 fois plus élevés qu’il y a un an. Cette flambée persistante du prix soulève des inquiétudes quant à la demande globale.
Le 10 juillet, Barry Callebaut, géant suisse du chocolat et premier transformateur mondial de fèves, a annoncé prévoir une baisse de 7 % de ses ventes en volume pour l’exercice clos le 31 août. En cause : la volatilité extrême des cours du cacao qui affecte la rentabilité et la demande en produits finis.
Si les anticipations ivoiriennes traduisent un certain optimisme sur le plan national, les acteurs de la filière restent vigilants face aux soubresauts du marché international. La prudence reste de mise dans une industrie exposée aux caprices du climat et aux fluctuations de la demande mondiale.
Yannick KOBO












