@informateur.ci- La Guinée équatoriale saisit la Cour internationale de justice contre la France pour bloquer la vente d’un hôtel particulier de luxe saisi à Paris, au cœur d’un litige diplomatique lié à Teodoro Obiang.
La Guinée équatoriale a déposé, vendredi 5 juillet 2025, une requête contre la France devant la Cour internationale de justice (CIJ), dans le cadre d’un conflit diplomatique de longue date autour d’un somptueux hôtel particulier situé avenue Foch à Paris. Ce bien immobilier, d’une valeur estimée à plus de 100 millions d’euros, a été confisqué par la justice française après la condamnation pour corruption du vice-président équatoguinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue.
Dans son communiqué, la CIJ – juridiction principale des Nations unies – précise que Malabo demande des mesures conservatoires urgentes pour empêcher la France de vendre l’immeuble en litige. La Guinée équatoriale exige notamment que la France lui restitue l’accès complet à la propriété et cesse toute ingérence, accusant les autorités françaises d’avoir récemment forcé les accès du bâtiment et changé plusieurs serrures.
Ce luxueux hôtel particulier, comprenant un cinéma, un hammam et des installations en marbre et or, avait été saisi dans le cadre d’une enquête sur les « biens mal acquis » menée par la justice française. En 2021, Teodoro Obiang avait été condamné à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 30 millions d’euros. La saisie de ses biens, dont l’hôtel avenue Foch, avait été confirmée.
Déjà en 2016, la Guinée équatoriale avait porté cette affaire devant la CIJ, affirmant que le bâtiment servait de mission diplomatique. La Cour avait alors tranché en faveur de la France, estimant que le statut d’ambassade avait été invoqué après le lancement de la procédure judiciaire, et qu’un autre bâtiment représentait déjà officiellement la Guinée équatoriale à Paris.
Malabo espère cette fois obtenir une ordonnance conservatoire pour bloquer toute vente imminente du bien. Toutefois, bien que les décisions de la CIJ soient juridiquement contraignantes, leur mise en œuvre reste dépendante de la volonté des États concernés.
Cette nouvelle requête intervient alors que la CIJ est saisie de plusieurs dossiers d’envergure, dont celui de l’Afrique du Sud contre Israël pour génocide présumé à Gaza, et un avis attendu sur les responsabilités étatiques face au changement climatique.
Djah OPELY












