@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, plus de 200 éleveurs de porcs de Songon interpellent le Premier ministre après un an sans indemnisation suite à l’abattage sanitaire contre la peste porcine africaine.
Un an après l’abattage massif de porcs à Songon à la suite de l’apparition de la peste porcine africaine (PPA), les éleveurs locaux lancent un cri d’alarme. En mai 2024, plus de 17 000 porcs ont été abattus dans cette zone située dans le district autonome d’Abidjan, et plus de 100 000 à l’échelle nationale, sur ordre de la Direction des Services Vétérinaires. Cette mesure sanitaire, bien que nécessaire pour contenir l’épidémie, a plongé des centaines d’éleveurs dans une détresse économique sans précédent.
Aujourd’hui, plus de 200 éleveurs de Songon, regroupés en collectif, dénoncent l’absence de compensation financière promise par l’État. « On nous avait assuré que l’indemnisation interviendrait dans un délai de six à huit mois. Cela fait maintenant plus d’un an et nous n’avons reçu aucun franc», déclare le président du collectif, visiblement accablé.
Les conséquences sont dramatiques. Les pertes financières cumulées s’élèveraient à plusieurs milliards FCFA. Incapables de relancer leur activité, les éleveurs sont confrontés à des difficultés croissantes : créanciers pressants, dettes impayées, frais de scolarité en suspens, et incapacité à subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles.
Face à ce silence institutionnel, le collectif a adressé une pétition au Premier ministre, Chef du Gouvernement et Ministre des Sports et du Cadre de Vie. Une copie a été remise au Sous-préfet de Songon. Dans cette lettre ouverte, les éleveurs demandent une intervention urgente auprès du Ministre des Finances pour débloquer les indemnisations dues. «Excellence, nous comptons sur vous. Nous n’avons plus d’autre recours», peut-on lire dans ce courrier.
Malgré les épreuves, les éleveurs n’ont pas abandonné l’idée d’une reprise. Ils affirment être prêts à relancer leurs activités et à contribuer à l’autosuffisance alimentaire prônée par le gouvernement. Mais sans indemnisation, tout redémarrage demeure illusoire.
L’avenir de centaines de familles repose désormais entre les mains des autorités. Les regards se tournent vers le sommet de l’État, dans l’attente d’une réponse concrète.
Yannick KOBO












