@informateur.ci- Lancée le 15 avril 2019 avec le double objectif de garantir la traçabilité de la production et de disposer d’une meilleure connaissance des producteurs et de la prévisibilité de la production nationale, l’opération de recensement des planteurs de Café-cacao et leurs vergers en Côte d’Ivoire (RPCCV) demeure un chapitre encore ouvert.
Six ans après son lancement et alors que le Conseil du Café-cacao a annoncé en 2024 le chiffre de plus de 1.040.000 de producteurs recensés, le nombre réel demeure à ce jour inconnu et des milliers de planteurs attendent toujours la fameuse carte.
De fait, depuis plus d’une année, ils sont des milliers qui ont été recensés et ne sont pas encore entrés en possession de leur carte dite sécurisée. Une réalité qui met le curseur sur la lenteur avec laquelle ces cartes sont produites mais aussi sur le mode de leur remise aux bénéficiaires dont certains ne disposent même pas d’un simple téléphone portable.
Le Conseil du Café-cacao peut aujourd’hui se targuer d’avoir recensé plus d’un million de producteurs mais ne peut pas en dire autant de ceux qui ont physiquement reçu leur carte.
Ainsi, outre les cartes en souffrance parce que les producteurs recensés sont introuvables, il y a aussi les cartes en instance de production qui n’arrivent jamais. C’est qu’au départ de cette opération qui a mobilisé 800 agents recenseurs et coûté la bagatelle de 6,5 milliards FCFA, le Conseil du Café Cacao a commis l’erreur de ne pas impliquer les Coopératives qui disposent pourtant d’une base de données de leurs producteurs. Si tel avait été le cas, la distribution des cartes une fois prêtes aurait été juste un travail de routine.
Malheureusement, le Conseil du Café-cacao peut aujourd’hui se targuer d’avoir recensé plus d’un million de producteurs mais ne peut pas en dire autant de ceux qui ont physiquement reçu leur carte. Si la directive de l’Union européenne concernant la traçabilité et la Norme ARS 1000 devraient entrer en vigueur au cours de la campagne de Café-cacao en cours, comme cela était initialement prévu, des dizaines voire des centaines de milliers de producteurs n’auraient pas pu percevoir leur argent ; parce que ne disposant pas de la carte.
C’est dans ce contexte de travail inachevé qu’un autre sujet d’intérêt dans la filière est en train de prendre le dessus. Il s’agit de la mise en place de l’interprofession du Café-cacao qui aiguise les appétits. Le comble, c’est que même les organisations syndicales qui prétendent défendre la cause des pauvres producteurs semblent s’être trouvé une autre vocation. Comme quoi, il est difficile de résister aux espèces sonnantes et trébuchantes. On peut le déplorer.
JFF/Informateur.ci












