‘@informateur- Alors que le coup d’Etat au Niger polarise l’attention dans la sous-région ouest-africaine, les présidents malien, Assimi Goïta et burkinabè Ibrahim Traoré qui ont officiellement manifesté leur solidarité à leurs frères d’armes nigériens ne font pas moins face en interne dans leur pays respectif à des crises larvées au sein des armées. Certains parlent même de coups de force en préparation dans ces deux pays. Mais en réalité, selon nos informations, une question de primes impayées serait à l’origine de ces rumeurs.
Si le Mali et le Burkina ont en commun le fait d’être dirigés par des militaires qui ont promis de restaurer la sécurité et qui peinent visiblement à y parvenir, les deux hommes forts à la tête de ces deux pays partagent aussi en commun, malheureusement, une gestion approximative des armées et des primes impayées à ce jour à certaines unités.
Au Mali, la grogne est pratiquement audible chez les blindés du camp de Kati qui réclament depuis peu leurs primes et menacent même de descendre sur Bamako pour se faire entendre. Prenant la menace au sérieux et pour parer sans doute à toute éventualité, la junte malienne a fait redéployer autour de Koulouba, ce jeudi 3 août 2023, des mercenaires de Wagner.
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Au Burkina Faso où le mécontentement est aussi perceptible dans certaines unités de l’armée avant même le départ du président Ibrahim Traoré au sommet Russie-Afrique. Selon nos informations, les militaires du 34eme Régiment Inter armées (RIA) du côté de Fada N’Gourma attendent toujours que leurs primes leurs soient payées.
Mais au pays du populiste Ibrahim Traoré, il n’y a pas que la question des primes qui fâche les soldats. Au camp Sangoulé Lamizana par exemple, les militaires du rang et les sous-officiers sont tout simplement scandalisés par le manque d’obsèques dignes de leurs frères d’armes tombés sur le front. Que dire des hommes du 11e Régiment d’Infanterie Commando (RIC) à Dori qui ont récemment refusé d’escorter un convoi vers Kaya sans appui arien.
A l’évidence, les attentes déçues, les frustrations et les récriminations se ramassent à la pelle au sein des armées malienne et burkinabè. En dépit des apparences qu’affichent les présidents Goïta et Traoré, leur pouvoir est exposé à tous les vents contraires. Il suffit d’une étincelle.
Alfred SIRIMA












