@Informateur- La reprise du dialogue politique en Côte d’Ivoire réjoui le président de l’Association pour la Défense de la Démocratie et des Libertés (ADDL). Dans cet entretien, Adama Diomandé croque l’actualité politique et émet le vœu de voir les ténors de la politique ivoirienne passer le flambeau à une nouvelle génération. Entretien.
- Quelle lecture faites-vous de l’actualité politique depuis le retour de l’ancien président Laurent Gbagbo ?
Je me réjouis de l’évolution de la démocratie dans mon pays, surtout les actes posés, par le président de la République, Alassane Ouattara, dans le sens de l’apaisement des tensions, après la violence infligée inutilement par des politiciens d’une opposition sans aucune perspective d’alternance, peu crédible, dans une coalition de dupes, qui a été créée pour installer la chienlit, et dont le but était de saboter l’élection présidentielle. Je note toutefois que le retour de l’ancien président Laurent Gbagbo a induit implicitement une certaine recomposition du paysage politique avec l’éclatement ou l’implosion du FPI scindé en deux partis désormais. Cependant, s’il y a eu recomposition, il n’y a pas eu renouvellement de la classe politique, le personnel étant resté le même. C’est en cela qu’on peut dire que rien n’a véritablement changé.
- Le jeudi 16 décembre dernier, a été ouvert le 5ème round du dialogue politique pouvoir-opposition, qu’en pensez-vous ?
Je pense que le dialogue est nécessaire entre les partis politiques de notre pays. D’ailleurs, comme nous l’a enseigné le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Felix Houphouët Boigny, le dialogue est l’arme des forts, c’est ce que fait son disciple le plus charismatique, qui est le président Alassane Ouattara, qui fructifie son héritage politique et économique pour le bien-être social des populations, et il solidifie la paix et l’intégration dans notre organisation sous régionale qui est la CEDEAO
- Comment entrevoyez-vous la suite de ces pourparlers ?
Je souhaite de tout mon cœur, une réconciliation sincère entre les hommes et femmes politiques de notre pays, car c’est eux, les véritables facteurs de divisions, entres les citoyens de la Côte d’Ivoire. Si cela se réalise, que nos ainés politiques, pensent à passer le flambeau à une nouvelle génération de femmes ou hommes politiques, qu’ils ont eux-mêmes formés, alors, on peut espérer des lendemains meilleurs dans une Côte d’Ivoire réconciliée et pacifiée. C’est tout le mal que je puisse souhaiter.
- Croyez-vous que ce dialogue boostera le processus de réconciliation ?
Oui ! S’il atteint son objectif, comme je l’ai souhaité tantôt. Et cela devrait être le vœu de tous les Ivoiriens épris de paix. Parce que personne ne sort gagnant lorsqu’il y a des conflits dans un pays. Parce que même ceux qui croient avoir gagné y laissent toujours des plumes. La paix est donc quelque chose qui ne peut être marchandée. Elle s’impose à tout le monde.
- Votre parti, le RHDP, est en restructuration. Qu’en attendez-vous concrètement ?
Une modernisation de fond en comble, et avec les objectifs bien fixés par le président du parti dans la cohésion. Il faut surtout espérer que soient mis aux différents postes ceux qui le méritent et qui ont fait la preuve, sur le terrain de leur militantisme, par leur proximité avec la base, par leur accessibilité, par leur ouverture, et, surtout, par leur humilité. Les militants ne veulent plus de responsables guindés qui croient ne rien devoir à personne. Ce n’est pas vrai, parce que sans les militants, il n’y a pas de parti politique.
- Si vous aviez des propositions à faire dans le cadre de cette restructuration, que diriez-vous ?
Je ne pense pas que de nouvelles propositions soient vraiment nécessaires, il s’agit pour nous tout simplement d’appliquer les directives données par le président de la République, pour consolider nos acquis sociaux, économiques et politiques dans la discipline avec honnêteté et justice, sans aucun favoritisme médiocre, sauf par la compétence, dans la sincérité et la loyauté au président du parti.
- La recomposition du paysage politique induite par le retour de Laurent Gbagbo et des exilés ne va-t-elle pas se faire au détriment du RHDP ?
Non ! Au contraire, il se fait au détriment de l’opposition, avec la division au FPI, et accentue le doute au PDCI, en tout cas, le retour de l’ex-président GBAGBO est un épiphénomène au RHDP ; au contraire cela nous donne encore de l’énergie politique, pour bien faire et combler nos lacunes ou faiblesses. C’est donc un stimulant pour le RHDP qui ne doit plus dormir sur ses lauriers.
- Le pays va bientôt connaître de nouvelles élections locales (Municipales et Régionales) n’avez-vous pas de crainte pour le RHDP, puisque le PDCI et le PPA-CI pourraient coaliser pour contrer l’hégémonie de l’alliance des Houphouetistes ?
Je pense que cela donnera a encore l’occasion de consolider les acquis de la modernisation du parti voulue par le président Alassane Ouattara , j’en suis persuadé, car j’ai parcouru, depuis mon retour de France, avec le ministre de la Bonne gouvernance, du Renforcement des capacités et de la Lutte contre la corruption, mon jeune frère Epiphane Zoro Bi Ballo, en long et en large notre pays, et le constat, c’est que la modernisation touche toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Je suis persuadé que nous engrangerons les fruits et les bénéfices électoraux, du formidable travail abattu par le président de la République, Alassane Ouattara sur toute l’étendue du territoire national.
- Quel message pouvez-vous lancer aux Ivoiriens à l’orée de la nouvelle année, par rapport à la réconciliation nationale ?
La paix dans la santé et la longévité pour tous mes compatriotes, dans l’union, dans le travail et la discipline, et surtout nous devons nous impliquer, tous dans la lutte contre la corruption, avec la bonne gouvernance en ligne de mire.
Propos recueillis par Charlène ADJOVI












