‘@Informateur.info- La confédération des organisations de victimes des crises ivoiriennes est montée au créneau au regard de la situation politique tendue en Côte d’Ivoire. Dans une déclaration dont copie a été transmise à Informateur.info, le Covici exprime ses inquiétudes et exhorte au dialogue.
Depuis le lundi 23 décembre 2019, suite à l’arrivée manquée de Monsieur Guillaume Kigbafori SORO en Côte d’ivoire, l’atmosphère sociopolitique s’est davantage dégradée. Le mercure est monté d’un cran, au point ou les victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire, angoissées, se demandent si elles ne vont pas revivre les mêmes violences et violations graves des Droits Humains qui, de 1992 à 2012 les ont définitivement rangées dans la catégorie des personnes les plus vulnérables de la société ivoirienne.
En effet, les indicateurs sont très alarmants. Déjà, depuis plusieurs semaines, les acteurs politiques ivoiriens ne s’entendent pas sur la composition de la Commission Electorale Indépendante (CEI), instrument d’arbitrage des élections en Côte d’Ivoire. Là-dessus, alors que nous ne sommes qu’à 10 mois des élections
Présidentielles, chacune des parties a gardé sa position. En fait, cette CEI est décriée par une frange de l’opposition politique, estimant qu’elle n’est pas apte à organiser des élections justes et équitables et soutenue en revanche par le parti au pouvoir parce que la considérant plus équilibrée dans sa composition que celle qui a organisé les élections de 2015.
Au vu de cela et alors que toute la population ivoirienne y compris les victimes des crises passées s’interroge sur l’atmosphère qui pourrait prévaloir à la suite des élections à venir, eu égard aux positions opposées des acteurs politiques sur la légitimité de l’instrument d’arbitrage, voilà qu’une autre situation survient depuis le
23 décembre 2019, accentuant les sentiments de crainte, de peur, mais aussi d’exaspération qui habitent aujourd’hui toute la population Ivoirienne.
Pour rappel, les crises précédentes en Côte d’Ivoire ont fait des milliers de victimes qui jusqu’aujourd’hui continuent de souffrir des préjudices qu’elles ont subis, sans réparations satisfaisantes.
Face à cette situation et pour apporter sa contribution à la prévention d’éventuels conflits violents pré ou postélectoraux en Côte d’Ivoire, la C.O.VI.C.I fait les recommandations suivantes :
Aux acteurs politiques Ivoiriens :
– Mettre fin à toutes entreprises de violence et faire du dialogue l’arme principale de l’action politique,
– Préserver l’intérêt de la nation et la vie des populations,
– Respecter et promouvoir les principes de la démocratie dans leurs actions politiques.
Aux acteurs de la société civile y compris les Guides religieux et les Chefs traditionnels :
– S’empresser de conseiller et d’attirer l’attention des acteurs politiques sur la nécessité de préserver la Paix,
– Accentuer la sensibilisation des acteurs politiques à la non-violence et au respect des principes démocratiques,
– Dénoncer objectivement toute violation des droits humains et des principes démocratiques.
Aux victimes de guerre, aux jeunes et à toute la population Ivoirienne :
– s’éloigner de tous les chantiers de violences,
– sensibiliser les uns et les autres à la non-violence comme moyen de résolution des conflits,
– dénoncer toutes les initiatives de conception de la violence,
– rejoindre la C.O.VI.C.I dans ses actions pour le renforcement de la cohésion sociale et la consolidation de la Paix en Côte d’Ivoire.
Abidjan le 27 décembre 2019
KANTE LASSINA
PCA DE LA C.O.VI.C.I
07973497
Covici.victimes@gmail.com












