@Informateur.info- L’opposition politique au Burkina Faso reprend du service avec sa traditionnelle conférence de presse hebdomadaire. Après une pause d’un mois de congé, deux membres, à savoir, Adama Seré, président du Rassemblement des verts et des écologiques du Burkina Faso (Rdebf) et Aristide Ouédraogo, président du Front patriotique pour le renouveau (Fpr), étaient, mardi 17 septembre 2019, au siège de la Cfop à la zone du Bois, face aux journalistes.
Les deux orateurs ont passé en revue l’actualité socio-politique au pays des hommes intègres. Il s’agit notamment de la marche-meeting de l’union d’action populaire (Uap) ; de l’évacuation sanitaire du général Djibril Bassolé et de la grève des agents de santé. Sur le premier point, Adama Seré et Aristide Ouédraogo ont dépeint un recul des acquis démocratiques en termes de liberté d’expression. 24 heures avant, en effet, une vingtaine d’organisations syndicales et de la société civile, regroupées au sein de l’Union d’action populaire (Uap) organisait une marche-meeting à travers le pays.
A Ouagadougou et dans d’autres principales villes du pays, la manifestation était déclarée non autorisée par les autorités locales. Aussi, les forces de l’ordre ont-elles dispersé, essentiellement à Ouagadougou, à coups de gaz lacrymogène, les manifestants. «Pour l’opposition politique, au regard des revendications que nous jugeons légitimes, les autorités n’avaient pas de raison d’empêcher la marche. Les citoyens ont, en effet, usé de leurs droits civiques garantis par la Constitution et les lois pour dénoncer la manière dont notre pays est dirigé», devait apprécier le leader des écolos burkinabè. «Le pouvoir actuel a beaucoup tiré de la lutte, de l’engagement des forces sociales pour la liberté et la démocratie au Burkina Faso. Avec cette répression barbare d’une marche citoyenne, nous relevons que le pouvoir Mpp a trahi l’esprit de l’insurrection et c’est un grave recul pour la démocratie dans notre pays», critiquera Aristide Ouédraogo.
Sur le second point relatif à la situation sanitaire du général de gendarmerie Djibril Bassolé, condamné à 10 ans de prison ferme et incarcéré à la Maca, les conférenciers faisaient observer que l’ex-chef de la diplomatie du Faso est rentré de Turquie où il suivait des soins avec la ferme promesse d’un retour le 10 mai dernier. Depuis lors, jusqu’à sa condamnation, début septembre, l’ex-ministre des Affaires étrangères attend toujours son évacuation sanitaire.
« Conformément à ce qui avait été promis par les plus hautes autorités du pays, le général n’a pas encore reçu d’autorisation du gouvernement pour aller se soigner à ses frais. Le mardi passé, la fille de Monsieur Bassolé alertait l’opinion et les autorités sur la dégradation de la santé de son père. L’opposition politique demande aux autorités burkinabè de permettre à Monsieur Bassolé d’aller se soigner. Nous respectons la décision de justice. Mais, nous respectons tout aussi le droit à la vie et le droit à la santé qui sont des impératifs humanitaires. Dans un contexte de profonde crise sociale, si le pire advenait à Monsieur Bassolé parce qu’on l’empêche d’aller se soigner, le tissu social s’en trouverait davantage fragilisé», devaient-ils interpeller tour à tour.
Dernier sujet à l’ordre du jour, la grève qui secoue les hôpitaux publics depuis plusieurs mois, préoccupe également l’opposition politique. Dans sa sortie, elle a appelé les parties à privilégier le dialogue. Pour ce faire, l’opposition invite le gouvernement à respecter ses engagements. De leur côté, les travailleurs de la santé devront suspendre ou tout au moins «alléger leur mot d’ordre de grève».
Alfred SIRIMA, Correspondant à Ouagadougou












