La Confédération des organisations des victimes de guerres en Côte d’Ivoire (COVICI) et les plateformes des organisations des victimes de Bouaké, Bangolo, Duekoué et San-Pedro, ont procédé ce samedi 16 décembre 2017, au lancement officiel du 3ème rapport de monitoring des organisations des victimes. L’évènement s’est tenu au siège de la COVICI dans la commune d’Adjamé.
Il s’agit d’un rapport de 30 pages qui met en exergue de fortes recommandations pour le bon déroulement de la phase finale d’indemnisation des victimes des crises politico-militaires qui ont secoué le pays de 1990 à 2011. Ce rapport s’appuie sur de nombreux constats et des enquêtes menées par la COVICI dans le cadre des phases précédentes de ce processus d’indemnisation. Parmi ces propositions l’on note la transparence dans les activités du processus, la révision des montants d’indemnisation, la facilitation des démarches administratives et la priorité des réparations, pour ne citer que celles-là. Selon la COVICI, ces recommandations se fondent sur les dysfonctionnements de la phase pilote de réparation observés lors du monitoring, dans l’optique d’une opérationnalisation effective de la phase globale d’indemnisation.
Ces propositions ont été émises par les victimes et les représentants de victimes. «La prise en compte de ces recommandations devrait assurer l’effectivité du processus de réparation, sa transparence, sa rapidité, mais cela permettra également d’améliorer la situation des victimes», a indiqué M. Anon Christ, président du Conseil d’administration de la COVICI.
Après la lecture du rapport, à un point de presse, le vice-président de la COVICI, Kanté Lassiné a émis des doléances à l’attention du gouvernement ivoirien.«Nous proposons une franche communication, afin d’éviter que les victimes soient en déphasage des informations concernant le déroulement de cette ultime étape», a lancé Kanté Lassiné, déplorant la mise à l’écart des associations des victimes par l’Etat ivoirien dans les prises de décisions. «Au départ des démarches pour le processus d’indemnisation, le gouvernement n’associe pas les plateformes des victimes aux décisions à prendre. Mais quand il y a un blocage ou un problème, rencontré sur le terrain, c’est là que le gouvernement fait recours aux plateformes des victimes. Pourtant c’est nous les associations qui connaissons les victimes, car c’est nous qui étions avec eux pendant que les politiques se battaient pour le pouvoir», a-t-il rappelé.
Lors de la phase pilote d’indemnisation des victimes, plus de 500.000 dossiers ont été rejetés par la Conariv. Le constat est que parmi ces cas de rejet, il y a bel et bien des victimes de guerre. Il est donc impératif que l’Etat de Côte d’Ivoire, revoit ce cas, afin de permettre à toutes les victimes dont les dossiers ont été rejetés de bénéficier de l’indemnisation.
Précisons que ce rapport de monitoring des organisations des victimes en Côte d’Ivoire, est le troisième rapport du genre lancé, par la COVICI et les plateformes des organisations des victimes de l’intérieur du pays. Les deux (2) premier ont été lancés en 2016.
Georges Kouamé











