Arrivé en Côte d’Ivoire en 1932 avec son oncle, Traoré Daouda atterrit à Bouaké où ce dernier, militaire, était en fonction. Il reste dans la capitale du centre pendant une décennie, puis il repart au Burkina Faso, alors Haute Volta. En 1947, il reprend le chemin de ce qui était considéré comme la ‘’basse côte’’ et ‘’descend’’, cette fois à Abidjan où il retrouve le même oncle qui y a été muté, entretemps. En 1958, il crée une association, l’Amicale de la jeunesse voltaïque du Yatenga en Côte d’Ivoire. Il sentait le besoin d’organiser la communauté burkinabè qui rencontrait beaucoup trop de problèmes en ce temps-là.
Parallèlement, Traoré Daouda était dans le commerce. Il passe alors un Brevet d’enseignement commercial, mais le commerce ne semble pas lui réussir. En 1966, il décide de se rendre à l’Institut national de santé publique au Plateau (l’établissement venait d’ouvrir ses portes). Il y rencontre le directeur de l’institut, un expatrié, M. Delormas, professeur agrégé de médecine. Il fait part à celui-ci de son intention de travailler avec lui. A son grand étonnement, ce dernier lui offre une formation au service documentation. Il était donc chargé de recevoir les étudiants en médecine qui passaient par l’institut. A force, Traoré Daouda finira par se perfectionner. «Finalement, j’étais chargé d’encadrer les travaux de mémoire de thèse des étudiants en médecine. J’évaluais leurs connaissances pratiques et théoriques et les conseillais. Ceux qui soutenaient et décrochaient leur parchemin revenaient me féliciter. Ils m’appelaient ‘’docteur’’, moi qui ne l’étais pas. J’ai juste eu la chance de maîtriser la documentation», se souvient ‘’Dr’’ Traoré, avec émotion.
Il restera 30 ans au service documentation avant de prendre sa retraite en 1999. Traoré Daouda se souvient aussi de ses années ‘’politiques’’. Il rencontre Ouezzin Coulibaly en 1947. L’homme politique sur qui il fait bonne impression par son engagement à servir la communauté, le charge de recueillir les problèmes de ses compatriotes. Il le fait volontiers et remonte les informations vers Ouezzin Coulibaly qui en discute avec son ami Félix Houphouët Boigny afin de trouver des solutions aux différents problèmes que rencontraient les Burkinabè. Un jour, le président Auguste Denise le convainc d’adhérer à l’Union fraternelle des originaires de la Haute Volta en Côte d’Ivoire. Il se voit dans l’obligation d’abandonner l’Amicale de la jeunesse voltaïque du Yatenga en Côte d’Ivoire qu’il avait pourtant portée sur les fonts baptismaux. Il sera d’emblée le porte-parole de l’Union avant d’en être, des années plus tard, le président, au terme de moult péripéties.
Traoré Daouda est un retraité qui peut se targuer d’avoir aidé sa communauté par le passé. Il a cependant un seul regret, c’est de n’avoir pas été décoré par son pays pour ‘’services rendus’’. Mais, il ne s’en formalise pas outre mesure et passe plutôt ses vieux jours avec le sentiment du ‘’devoir accompli’’. ‘’Dr’’ Traoré a été polygame et est père de 13 enfants, 9 garçons et 4 filles.
Jean François Fall











