@Informateur.ci- Annoncée par la Société de Gestion des Stocks Pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI) et le gouvernement ivoirien depuis plusieurs mois, la fin de la crise post-électorale comme un projet prioritaire, la réhabilitation du dépôt GESTOCI de Bouaké tarde à se faire. Et pourtant, c’est un projet particulièrement important pour l’accroissement de la capacité pétrolière de la Côte d’Ivoire, en termes de stockage.
Faut-il le rappeler, le dépôt de Bouaké est non opérationnel depuis la crise de 2002. Sa remise en état est donc jugée absolue et stratégique pour alimenter le centre, le nord, l’ouest du pays ainsi que les pays de l’hinterland comme le Mali et le Burkina Faso. La réhabilitation vise une capacité de stockage de 48 000 m³. Aux dires des autorités ministérielles, la réhabilitation du dépôt de la GESTOCI Bouaké s’inscrit dans un plan plus large de renforcement des capacités pétrolières nationales qui inclut d’autres projets à Abidjan, Odienné et San Pedro.
Mais qu’est-ce qui bloque la réhabilitation de ce dépôt pétrolier qui a été totalement éventré pendant la crise politico-armée ? En fait, la réhabilitation complète du dépôt de la GESTOCI à Bouaké n’est pas techniquement bloquée par un manque de volonté politique.
La vérité est que ce projet n’est pas une mince affaire. Il implique de lourdes contraintes financières, matérielles et logistiques découlant de l’état des lieux après la mise à sac du dépôt. L’ampleur des destructions de guerre a été telle que le dépôt de Bouaké est totalement inopérant (depuis le déclenchement de la crise militaro-politique en septembre 2002). Les installations ont été massivement pillées et vandalisées : bâtiments décoiffés, canalisations détruites, systèmes de sécurité et de pompage et autres dispositifs emportés.
La visite que nous avons effectuée il y a quelque temps sur le site ravagé nous a montré que tout est à refaire au dépôt de la GESTOCI à Bouaké. En réalité, le projet s’apparente davantage à une reconstruction complète qu’à une simple rénovation. Ce qui pose le problème du coût financier élevé. C’est un budget massif. Les fonds nécessaires pour remettre le site aux normes de sécurité modernes ont été évalués à près de 40 milliards de FCFA. Un financement dont la mobilisation ne peut se faire du jour au lendemain. La GESTOCI effectue dans ce sens de longues planifications budgétaires. Car pendant plusieurs années, la société a dû concentrer ses ressources sur l’urgence des extensions de capacités des dépôts d’Abidjan (Vridi) et de Yamoussoukro afin de garantir l’approvisionnement national et la gestion des stocks de sécurité immédiats.
Mais GESTOCI Bouaké n’est pas oublié. Le projet de réhabilitation, qui prévoit une capacité finale de 48 000 m³ et l’installation de sphères de gaz butane, est officiellement inscrit dans la feuille de route stratégique 2025-2030 de la GESTOCI pour faire de la Côte d’Ivoire un hub pétrolier régional. Faut-il le savoir, les travaux préliminaires ont progressivement démarré avec la sécurisation et le nettoyage du site de 11,5 hectares, ainsi que le déploiement de nouvelles canalisations. Reste à attaquer le gros du boulot, pourrait-on dire.
Sir ALFRED












