@informateur.ci- La Gambie est sous le choc après le décès d’une fillette âgée d’à peine un mois, à la suite d’une mutilation génitale féminine (MGF) dans le village de Wellingara, un drame qui ravive les débats sur cette pratique pourtant interdite depuis 2015.
Selon la BBC, l’enfant a été excisée avant de souffrir d’une hémorragie sévère. Elle est décédée peu après son admission à l’hôpital maternel et infantile de Bundung. Une autopsie est en cours afin de déterminer si l’excision est la cause directe du décès. La police a annoncé l’arrestation de deux femmes soupçonnées d’être impliquées dans l’affaire.
Pour les organisations de défense des droits humains, il s’agit d’un crime qui ne doit pas rester impuni. « La culture n’est pas une excuse, la tradition n’est pas un bouclier », a déclaré Fatou Baldeh, fondatrice de Women In Leadership and Liberation (WILL), dénonçant une recrudescence des excisions sur des nourrissons, souvent pratiquées tôt pour échapper aux poursuites judiciaires.
Le député Abdoulie Ceesay, élu de la circonscription de Kombo North où le drame s’est produit, a appelé à transformer cette tragédie en un tournant décisif : « Il faut réaffirmer notre engagement à protéger chaque enfant », a-t-il insisté.
Malgré la loi de 2015 qui interdit les MGF et prévoit des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité en cas de décès, les poursuites restent rares et la pratique persiste dans de nombreuses communautés. Les chiffres de l’UNICEF révèlent que 76 % des femmes gambiennes âgées de 15 à 49 ans ont subi une excision.
Ce drame remet au premier plan l’urgence de renforcer l’application de la loi, de protéger les victimes potentielles et de mener un travail de sensibilisation en profondeur pour éradiquer une pratique dont les conséquences peuvent être irréversibles, voire fatales.
Djah OPELY












