@informateur- La paix n’est pas pour demain au Soudan. Le dialogue entre les Généraux ennemis Al Burhan à la tête des Forces armées régulières et Hemedti, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) est rompu. Autrefois alliés dans le coup d’État qui a fait chuter le président Omar Al Béchir en 2019, les deux hommes s’entredéchirent dans une guerre sans merci qui a fait des dizaines de millier de morts et de blessés et des millions de déplacés, pour la prise du pouvoir.
Depuis quelques jours, c’est la bataille des ultimatums et des déclarations, suivis d’offensives et contre-offensives de part et d’autre, pour le contrôle de la ville d’El-Fasher, la capitale du Darfour du Nord. Bien que la ville soit encerclée depuis plus de 9 mois par les FSR du Général Hemedti, l’armée soudanaise tient fermement ses positions dans la ville assiégée. Le Général AL Burhan et les forces régulières soudanaises, qui manœuvrent pour briser l’étau des forces antigouvernementales et les repousser en vue de reprendre le contrôle El-Fasher, ont ignoré l’ultimatum lancé par les FSR qui demandent à l’armée et aux forces alliées de quitter la ville. Mais les tentatives des paramilitaires pour déloger l’armée de la ville se sont jusque-là avérées infructueuses. Les frappes de drones et les combats à l’artillerie lourde se sont intensifiés. Semant la désolation au sein des populations.
Faut-il le rappeler, au moins 70 civils ont été tués le dimanche 26 janvier 2025 dans une frappe de drone contre l’hôpital saoudien, le seul encore fonctionnel à El-Fasher. Le mercredi 29 janvier 2025, les FSR ont bombardé à l’artillerie lourde un camp militaire et un marché près d’El-Fasher, faisant 7 morts et 11 blessés, selon une source local. Un déplacement massif d’habitants a été observé et les populations sont toujours privées de nourriture. Les bombardements des FSR visent aussi hélas les institutions civiles et les camps de réfugiés.
Le jeudi 30 janvier 2025, des frappes aériennes de l’armée ont fait plusieurs victimes collatérales en touchant des zones civiles au Darfour du Sud. Les forces en présence ont mobilisé leurs renforts car la bataille d’El-Fasher pourrait être un tournant dans la guerre au Soudan. En effet, une victoire des FSR pourrait déboucher sur une partition du pays en séparant les États du Darfour du reste du Soudan, ce qui affaiblira le pouvoir central. En revanche, une défaite à El-Fasher portera un coup rude aux FSR en permettant à l’Armée de reprendre la ville pour mieux coordonner ses offensives.
KKM/informateur.ci












