@informateur.ci- Thibault Yoro, Secrétaire général de la Centrale Syndicale Agricole de Côte d’Ivoire, et figure bien connue du syndicalisme agricole, est sorti très amer de l’ouverture des Journée Nationale du Cacao et du Chocolat (JNCC) 2026 le mardi 1er septembre 2026. Car le prix du cacao n’a pas bougé depuis sa chute à la campagne précédente.
D’où la colère du syndicaliste. » C’est une déception, il faut que je le dise. Vous savez que la campagne passée n’a pas été totalement bonne. Nous avons des engagements bancaires et des engagements avec beaucoup de partenaires. Nous avons beaucoup de dettes et nous éprouvons donc beaucoup de difficultés. Nous nous attendions à ce que, pour cette nouvelle campagne, le prix du kilogramme de cacao soit relevé de 1600 F CFA à 2000 F CFA voire 2200 F CFA. On a un système qui était censé jouer son rôle mais qui ne l’a pas joué. Le système de vente en Côte d’Ivoire est un système stabilisé de prix garanti qui intervient pour amortir les chocs. Malheureusement ça n’a pas été le cas. Nous nous demandons pourquoi ce système n’a pas fonctionné. La question doit être posée aux gouvernants. Il faut en parler. Est-ce qu’il faut faire une refonte de ce système? Nous devons en parler. La dernière fois le ministre (Ndlr : de l’agriculture) lui-même a évoqué la question en suggérant qu’il fallait recevoir le système qui a montré ses limites quelque part. Quand les prix montent à l’international il y a une plus-value qui est gardée dans un compte qu’on appelle fonds de réserve. Et quand les prix arrivent à chuter, c’est ce fonds de réserve qu’on prend pour soutenir les prix. Mais ça n’a pas été le cas. Actuellement les prix montent à l’international. En fait on ne ressent pas la montée des prix immédiatement mais à la campagne suivante. Vous voyez donc que le système n’est pas parfait. ll faut donc s’asseoir autour d’une table avec les ministères, l’OIA café cacao et tous les acteurs de la filière et de la chaîne de valeur pour réfléchir et trouver les solutions appropriées. Aujourd’hui, avec les difficultés que nous vivons, avec ce prix le producteur se sent lésé », a fulminé Thibault Yoro. On comprend sa peine qui est celle de l’ensemble du monde paysan.
C’est également un sentiment d’amertume au niveau des coopératives agricoles qui se sont retrouvées avec des stocks résiduels non écoulés suite au blocage des ventes consécutif à cette crise. A vrai dire, les séquelles de la crise cacaoyère de 2025-2026 en Côte d’Ivoire n’ont pas été résorbées par le nouveau prix bord champ. Et les producteurs et les coopératives agricoles qui les encadrent grincent des dents.
Maurice Kouassi KONAN












