@informateur.ci- Alors que la justice burkinabè s’apprête à ouvrir le procès des personnes accusées de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998, François Compaoré, le frère cadet de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré, lui aussi poursuivi dans cette affaire, est toujours bloqué à Abidjan.
Faut-il le rappeler, en 2024 il est venu rendre visite à son frère qui a pris la nationalité ivoirienne et vit en Côte d’Ivoire depuis son départ du pouvoir en 2014.
Mais François Compaoré n’est pas parvenu à faire renouveler son visa en direction de la France, arrivé à expiration pendant son séjour. Les autorités consulaires françaises en Côte d’Ivoire lui ont opposé un refus poli implicite de fait, sans lui en donner la raison officielle. Il aurait, dit-on, insisté en vain auprès du Consulat de France en Côte d’Ivoire. Et depuis 2024, il vit à Abidjan. La raison de ce blocage semble être liée à son implication supposée dans l’assassinat de Norbert Zongo, il fait l’objet de poursuites.
François Compaoré est en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le Burkina Faso pour son implication présumée dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de trois de ses compagnons en 1998. Interpol en est saisi et les autorités burkinabè demandaient à la France de procéder à son rapatriement au Burkina Faso.
Une situation qui était extrêmement gênante pour l’Elysée au plan diplomatique, vis-à-vis de la Transition militaire burkinabè. Il semble de ce fait que la France ne veuille plus de la présence devenue gênante de François Compaoré sur son territoire, en raison de la délicatesse de cette affaire d’assassinat. Paris ne voulait certainement pas le couvrir au risque que cela soit perçu comme une caution au crime, une complicité.
L’Elysée a visiblement profité de l’expiration du visa français de François Compaoré alors qu’il était à Abidjan, pour le tenir poliment éloigné du territoire français. Ses avocats craignent qu’il ne fasse l’objet d’une extradition directe vers le Burkina Faso dans ses éventuels déplacements dans les pays de la sous-région.
Mais il est peu probable que François Compaoré – qui est conscient de figurer sur la liste rouge d’Interpol – prenne le risque inconsidéré de se promener de façon imprudente dans la sous-région. Mieux, François Compaoré a lui aussi acquis la nationalité ivoirienne comme son frère aîné Blaise Compaoré. Il ne risque rien à Abidjan. C’est donc très probablement en son absence que le procès Norbert Zongo va bientôt s’ouvrir au Burkina Faso.
Maurice Kouassi KONAN











