@informateur.ci- Près d’une semaine après l’afflux massif de migrants vers Ceuta, enclave espagnole située sur le territoire marocain, la situation commence progressivement à se stabiliser. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH), plusieurs milliers de personnes se trouvent toutefois encore dans la zone, tandis que le bilan humain reste fortement disputé.
L’AMDH estime à 130 le nombre de personnes décédées lors de cette vague migratoire. Un chiffre nettement supérieur à celui communiqué par les autorités espagnoles, qui font état de 79 morts, et aux données marocaines évoquant 11 décès.
Interrogée sur cet écart, l’organisation affirme avoir établi son bilan à partir de différentes sources. Ses membres présents sur le terrain disent avoir recueilli des informations auprès de la morgue de Tétouan, d’associations, de journalistes et d’autres acteurs présents à Ceuta. La compilation de ces données, provenant des deux côtés de la frontière, aurait conduit l’AMDH à retenir le chiffre de 130 décès.
Selon l’association, environ 3 000 migrants se trouveraient toujours à Ceuta. Certains refusent de retourner au Maroc et se cacheraient notamment dans les collines, tandis que d’autres ont regagné la ville marocaine de Fnideq. La frontière a depuis été rouverte et la situation tend à revenir progressivement à la normale.
L’AMDH dénonce également des violences qui auraient été commises durant la journée la plus intense de l’afflux. L’organisation affirme avoir recueilli des témoignages de migrants faisant état de mauvais traitements de la part des forces espagnoles. Elle rapporte aussi des cas de violences imputés aux forces marocaines.
L’association souligne par ailleurs que des mineurs auraient été renvoyés de Ceuta vers le Maroc, une pratique qu’elle considère comme contraire au droit.
La question des disparus demeure également préoccupante. L’AMDH indique que 30 familles ont signalé la disparition d’un proche. En l’absence d’une liste complète des personnes décédées côté espagnol, certaines familles ignorent encore le sort de leurs proches.
L’organisation appelle ainsi à davantage de transparence afin de permettre l’identification des victimes et d’apporter des réponses aux familles toujours dans l’attente.
Djah OPELY












