@informateur.ci- Le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement mis un terme à un différend territorial vieux de 54 ans. Réunis mardi au siège de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba, les représentants des deux États ont signé un accord consacrant l’application de l’arrêt rendu en mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ), qui attribue la souveraineté de l’île de Mbanié ainsi que des îlots de Cocotiers et Conga à la Guinée équatoriale.
Le document a été signé par le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, le président du Conseil constitutionnel du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf. Par cet engagement, Libreville et Malabo s’obligent à respecter pleinement la décision de la juridiction internationale, mettant ainsi un terme à l’un des plus anciens contentieux frontaliers d’Afrique centrale.
Pour les autorités équato-guinéennes, cet accord règle définitivement un conflit qui empoisonnait les relations entre les deux pays depuis les années 1970. La délégation gabonaise a, pour sa part, salué l’ouverture d’une nouvelle phase de coopération bilatérale, tandis que l’Union africaine a présenté cette issue comme une victoire de la diplomatie et du règlement pacifique des différends.
Le litige concernait l’île de Mbanié, d’une superficie d’environ 30 hectares, ainsi que les îlots de Cocotiers et Conga. Bien que pratiquement inhabités, ces territoires revêtent une importance stratégique en raison de leur localisation dans une zone maritime riche en ressources halieutiques et potentiellement en hydrocarbures, avec d’importants enjeux liés aux droits maritimes.
L’origine du différend remonte à la période coloniale. En 1900, une convention franco-espagnole délimitant les possessions des deux puissances en Afrique centrale ne mentionne pas explicitement ces îlots, laissant place à des interprétations divergentes. Après l’indépendance de la Guinée équatoriale en 1968, Malabo revendique ces territoires, mais l’armée gabonaise prend le contrôle de Mbanié en 1972.
Dans son arrêt du 19 mai 2025, la CIJ a estimé que la souveraineté revenait à la Guinée équatoriale, héritière des droits administrés par l’Espagne. La Cour a également jugé que la convention de Bata de 1974, invoquée par le Gabon, ne constituait pas un titre juridique valable pour transférer la souveraineté. La signature de l’accord d’Addis-Abeba ouvre désormais la voie à un renforcement de la coopération entre les deux voisins et illustre le recours croissant des États africains au droit international pour résoudre leurs différends frontaliers.
Djah OPELY












