@informateur.ci- La filière café cacao est loin d’être un cours d’eau tranquille en Côte d’Ivoire. En effet, dans notre précédente édition, nous exposions la question du non-rachat d’une importante partie des stocks résiduels de cacao au cours de l’opération de rachat pour laquelle l’État de Côte d’Ivoire a dégagé 219 milliards de F CFA il y a six mois. Ces stocks non écoulés ont causé d’énormes préjudices aux producteurs et aux coopératives agricoles qui les encadrent. D’où la grosse colère des coopératives et des producteurs qui demandent des comptes aux entités impliquées dans l’opération de rachat des stocks résiduels, pour le préjudice subi.
Mais l’Organisation interprofessionnelle agricole Café-Cacao (OIA Café-Cacao) tente de justifier cette situation. En conférence de presse le 20 juillet 2026, son porte-parole, Obert Blondé Doua, a expliqué qu’une partie des blocages serait due à une défaillance de certains détenteurs de connaissements, à savoir les documents qui permettent d’exporter les fèves. À en croire Blondé Doua, plus de 150 connaissements seraient concernés.
Il croit savoir que des volumes de fèves n’auraient pas été livrés conformément aux normes de gainage. Il explique que le grainage de la grande campagne se situe entre 95 et 100, mais que des grainages ont été compris 130, 135. Ce qui a relégué ces stocks dans la campagne intermédiaire. Dès lors, indique le porte-parole de l’IOA Café Cacao, on ne pouvait pas payer ces fèves-là au prix de la grande campagne, c’est-à-dire à 2 800 FCFA, mais au prix de la campagne intermédiaire qui est fixé à 1200 F CFA. À entendre Blondé Doua, l’écart de grainage entre les fèves de la grande campagne et celles de la campagne intermédiaire serait à l’origine d’une partie du blocage.
Pour lui, dans la situation de non rachat des stocks résiduels qui n’ont pas été écoulés, les producteurs qui ont réussi à brader leurs récoltes à 1200 FCFA le kilogramme bord champ alors qu’ils devaient normalement être payés à 2800 F, devraient plutôt s’en réjouir, car » il vaut mieux gagner un peu d’argent que de tout perdre », ironise,-t-il. Une explication difficile à avaler pour les producteurs et les coopératives qui entendent réagir.
Outre le scandale financier que représente l’affaire des stocks résiduels non écoulés pendant l’opération de rachat, une autre situation afflige des dizaines de coopératives de café cacao qui font entendre leur voix. Il s’agit de l’affaire du cacao tracé que le Conseil Café Cacao de Côte d’Ivoire n’a pas permis à de nombreuses coopératives d’écouler.
Alors que ces coopératives, issues du » Groupe Cacao Tracé », ont souscrit au Système de Traçabilité du Café Cacao (SNT) lancé par l’État de Côte d’Ivoire et promu par le Conseil du Café Cacao de Côte d’Ivoire (CCC-CI), le Conseil ne leur a pas permis d’écouler leurs stocks qui moisissent dans les entrepôts. Un préjudice irréparable portant sur près de 10.000 tonnes de fèves de cacao non écoulées, selon les témoignages de nombreux responsables de coopératives.
En colère, des coopératives ont assigné le Conseil Café Cacao et son Directeur général devant le tribunal d’Abidjan-Plateau, dans l’affaire du ‘Cacao tracé et financé non payé aux paysans’, dont le confrère Notre Voie a fait sa manchette dans son édition de ce mardi 21 juillet 2026.
Maurice Kouassi KONAN












