@informateur.ci- Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, a provoqué une vive polémique après avoir publiquement revendiqué l’enlèvement de l’opposant et avocat Erias Lukwago, survenu lundi 15 juin. Le militaire, également fils du président Yoweri Museveni, a multiplié les déclarations provocatrices sur les réseaux sociaux, affirmant être à l’origine de l’arrestation de celui qui le poursuit en justice.
Dans plusieurs publications sur le réseau social X, Muhoozi Kainerugaba a déclaré avoir «capturé un imbécile» avant de l’avoir «emmené dans ses sous-sols». Il a ensuite identifié sa cible comme étant Erias Lukwago, figure de l’opposition ougandaise et ancien maire de Kampala.
Le chef de l’armée a également tenu des propos particulièrement virulents à l’encontre de l’opposant. «Je suis fier de toute la douleur et de toute la souffrance que je vais infliger au CRIMINEL LUKWAGO !», a-t-il écrit, suscitant l’indignation de plusieurs organisations de défense des droits humains et de nombreux acteurs politiques.
Selon des proches de l’avocat, l’enlèvement s’est déroulé à son domicile. Un membre de sa famille a indiqué que des soldats auraient pénétré de force dans la propriété avant de l’emmener vers une destination inconnue.
«Des soldats ont sauté au-dessus de la grille de sa maison, l’ont violemment mis dans un van et l’ont emmené ailleurs. Ils n’ont pas dit où», a témoigné ce parent.
Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu en Ouganda, où les critiques dénoncent régulièrement la répression visant les opposants au régime du président Yoweri Museveni. Au pouvoir depuis près de quatre décennies, le chef de l’État fait face à des accusations récurrentes concernant les atteintes aux libertés publiques et aux droits de l’opposition.
L’absence d’informations officielles sur le lieu de détention d’Erias Lukwago alimente les inquiétudes quant à sa sécurité et ravive les interrogations sur le respect de l’État de droit dans le pays.
Les réactions nationales et internationales sont désormais attendues alors que la pression s’accentue sur les autorités ougandaises pour faire toute la lumière sur cette disparition forcée.
Djah OPELY












