@informateur.ci- Regroupés au sein d’un collectif, plusieurs sociétaires du Bureau ivoirien des droits d’auteur (BURIDA) accusent l’ancien président du Conseil d’administration, Gadji Celi, d’être impliqué dans un déficit financier estimé à deux milliards FCFA. Dans une déclaration lue par le porte-parole du collectif, Nestor Akowe artiste comédien ce vendredi 29 mai 2026 à Abidjan, ils menacent de porter l’affaire devant la justice ivoirienne si aucune explication n’est fournie dans un délai de 72 heures.
Dans leur communiqué, les membres du Collectif des Sociétaires du BURIDA affirment agir au nom de nombreux artistes ivoiriens qui disent subir depuis plusieurs années les conséquences d’une profonde crise financière au sein de la structure chargée de la gestion des droits d’auteur.
Les sociétaires rappellent qu’au cours de précédentes assemblées générales, la direction du BURIDA avait évoqué une dette globale estimée à près de quatre milliards FCFA. Face à cette situation, plusieurs artistes auraient accepté d’importants sacrifices afin de contribuer au redressement de l’institution.
Selon le collectif, certains sociétaires auraient renoncé à une partie de leurs droits d’auteur, tandis que d’autres auraient accepté de considérer comme irrécouvrables des prêts contractés auprès du BURIDA. Des mesures présentées à l’époque comme nécessaires pour assurer la survie de l’organisation.
Mais aujourd’hui, les artistes dénoncent une situation qu’ils jugent injuste et préoccupante. Ils affirment avoir découvert que malgré les efforts consentis, plusieurs membres continuent de subir des prélèvements, alors que d’autres ne perçoivent plus aucun revenu lié à leurs œuvres.
Le collectif soutient également qu’un audit présenté lors des assemblées générales aurait révélé un manque financier évalué à deux milliards FCFA, déficit qui serait attribué à la gestion de l’ancien PCA, Gadji Celi.
Les signataires reprochent par ailleurs à l’ex-dirigeant d’avoir quitté le territoire ivoirien au plus fort de la crise, laissant selon eux les artistes faire face seuls aux difficultés financières. Désormais de retour en Côte d’Ivoire, il est accusé de ne pas s’être exprimé publiquement sur les interrogations soulevées par les sociétaires.
«Ces fonds représentent les revenus issus des droits d’auteur des artistes ivoiriens. Il ne s’agit pas d’un patrimoine privé», souligne le collectif dans sa déclaration. Les artistes rappellent que les revenus versés par le BURIDA constituent souvent leur principale source de revenus, notamment pour les dépenses de santé et les charges familiales.
Le communiqué évoque également les conditions de vie difficiles de plusieurs acteurs culturels ivoiriens. Selon les sociétaires, certains artistes vivent sans couverture sociale ni assistance médicale, tandis que d’autres décèdent dans des conditions précaires.
Le collectif interpelle aussi les autorités ivoiriennes ainsi que la ministre de la Culture et de la Francophonie afin qu’elles suivent de près ce dossier et renforcent la protection des créateurs ivoiriens.
Autre élément soulevé dans la déclaration : l’existence présumée de tensions et de manœuvres au sein du milieu artistique, dont Gadji Celi serait, selon plusieurs témoignages relayés par le collectif, l’un des principaux acteurs.
Face à cette situation, les sociétaires affirment refuser «le silence, l’indifférence et l’impunité». Ils accordent ainsi un ultimatum de 72 heures à l’ancien PCA afin qu’il apporte publiquement des explications sur la disparition présumée des fonds et les tensions dénoncées.
À défaut de réponse dans ce délai, le Collectif des Sociétaires du BURIDA annonce son intention de saisir officiellement le procureur de la République afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire financière qui secoue le secteur culturel ivoirien.
Djah OPELY












