@informateur.ci- À l’occasion de la Journée du souvenir et de l’engagement, célébrée mardi 24 mars 2026, la Confédération des organisations des victimes des crises en Côte d’Ivoire (COVICI) a relancé son plaidoyer en faveur d’une meilleure reconnaissance des victimes. Son président du conseil d’administration, Toé Seydou, a appelé les autorités ivoiriennes à accélérer la mise en place d’un véritable statut des victimes et à relancer les mécanismes d’indemnisation à l’arrêt.
Organisée en partenariat avec l’association italienne Libera, engagée dans le soutien aux victimes de la criminalité, cette journée s’inscrit dans une dynamique internationale de promotion des droits des victimes. Elle vise notamment à renforcer leur prise en compte dans les politiques publiques, en particulier en matière de justice et de réparation.
Pour Toé Seydou, cette commémoration constitue une tribune essentielle pour faire entendre la voix des victimes, tant au niveau national qu’international. Il a insisté sur la nécessité de répondre aux défis persistants, notamment en matière d’insertion socio-économique, d’autonomisation et de prise en charge psychosociale. « Les crises sont terminées, mais leurs conséquences demeurent. Il est impératif de mettre en place des dispositifs adaptés », a-t-il déclaré.
Le premier responsable de la COVICI a également exprimé ses préoccupations face au blocage du processus d’indemnisation. Il a déploré la suspension de plusieurs initiatives, telles que la distribution de chèques, le soutien aux orphelins ou encore les activités génératrices de revenus (AGR) destinées aux personnes vulnérables. Il a ainsi exhorté l’État à clarifier la situation et à honorer ses engagements financiers envers les victimes.
La journée a été marquée par une conférence animée par le juriste et consultant Ibrahim Bamba, autour des notions de justice réparatrice et de justice régénérative. Si la première repose sur la compensation et la restitution des droits, la seconde ambitionne de s’attaquer aux causes profondes des conflits et des injustices.
Selon les données de la COVICI, les crises survenues entre 1990 et 2011 ont généré plus de 874 000 demandes de réparation. Sur ce total, 316 954 dossiers ont été validés, mettant en lumière l’ampleur des attentes en matière de justice, de reconnaissance et de réparation en Côte d’Ivoire.
Yannick KOBO












