@informateur.ci- La Guinée-Bissau a basculé dans l’incertitude politique ce mercredi. Alors que le pays attendait encore les résultats des élections présidentielle et législatives du dimanche précédent, des militaires ont annoncé avoir pris « le contrôle total du pays», suspendu le processus électoral et ordonné la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes.
Dans la matinée, des tirs nourris ont été entendus près du palais présidentiel à Bissau, laissant présager une crise. Quelques heures plus tard, un groupe de militaires est apparu à la télévision nationale pour déclarer qu’un « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre » prenait désormais les rênes du pays, « jusqu’à nouvel ordre ».
Le brigadier général Denis N’Canha, jusqu’ici chef du bureau militaire de la présidence, a précisé que toutes les émissions radiophoniques à caractère politique étaient suspendues afin de « préserver la stabilité nationale». Aucune précision n’a été donnée sur un calendrier de transition.
De son côté, le président sortant Umaro Sissoco Embaló a brièvement confirmé son arrestation lors d’un court échange avec France 24. « J’ai bien été renversé. Je ne peux pas trop parler, sinon ils vont me confisquer mon téléphone. Je suis actuellement à l’état-major », a-t-il déclaré.
Ce coup de force intervient dans un climat post-électoral explosif. Les deux principaux camps revendiquaient déjà la victoire dès le premier tour : celui d’Umaro Sissoco Embaló d’un côté, et l’opposition avec le candidat Fernando Dias de Costa de l’autre. Les résultats provisoires étaient attendus jeudi, mais leur publication est désormais suspendue.
Djah OPELY












