@informateur.ci- Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) traverse un tournant majeur de sa vie politique. Ce 19 novembre 2025, le président du parti, Laurent Gbagbo, a procédé à la révocation de plusieurs cadres occupant diverses responsabilités au sein de la formation politique. Une décision lourde de sens, annoncée dans un communiqué officiel signé par la porte-parole du parti, Me Habiba Touré.
Parmi les personnalités concernées figurent notamment Kipré Stéphane, Ouégnin Georges Armand, Lasm Ny Blaise, ainsi qu’une vingtaine d’autres cadres dont Affoua Kra Monique, Assémien Kacou Edouard, Asseu Elolo Sidonie, Dalli Arthur Prince-Richard, Ecra Elidjé Joseph ou encore Kprekpré Zilihonon Bernadette. Tous sont démis de l’ensemble de leurs fonctions au sein du PPA-CI.
Selon le communiqué, cette décision s’inscrit dans un cadre de «responsabilité politique» et répond à l’impératif de respect envers les victimes des violences politiques récentes dans le pays. Elle intervient dans le sillage de la session du Comité central du 6 novembre 2025, au cours de laquelle la position du parti vis-à-vis des élections législatives avait fait l’objet de débats nourris.
Lors de cette réunion, Laurent Gbagbo avait clairement exprimé son opposition à une participation du PPA-CI aux législatives prévues en décembre. « Je suis contre l’élection à court terme », avait-il déclaré, estimant qu’y prendre part reviendrait à « couvrir la forfaiture » et à occulter la souffrance des blessés, des morts et des prisonniers politiques.
Au terme des échanges, le Comité central, instance souveraine du parti, avait tranché : le PPA-CI ne participerait pas aux élections législatives. Une décision rendue obligatoire pour tous les membres en vertu de l’article 8 des Statuts du mouvement politique.
Pour la direction du parti, la discipline interne est non négociable. « La discipline ne peut être sélective », souligne le communiqué, rappelant que l’engagement militant implique de respecter les décisions collectives, en particulier celles liées aux enjeux mémoriels et aux valeurs fondamentales du parti.
Les cadres désormais révoqués auraient, selon la direction, choisi d’ignorer la ligne officielle du PPA-CI en présentant leur candidature aux élections législatives en dépit du mot d’ordre. Un acte qualifié d’insubordination, qui a conduit Laurent Gbagbo à leur retirer sa confiance « avec regret mais avec fermeté».
Dans un contexte national encore marqué par les blessures politiques, le parti réaffirme sa fidélité à ses principes, à la mémoire de ses martyrs et à son projet d’une Côte d’Ivoire «démocratique, juste et souveraine».
Yannick KOBO












