@informateur.ci- Lors du Sommet mondial sur l’enseignant, tenu le 28 août 2025 à Santiago, au Chili, la Ministre ivoirienne de l’Éducation, Professeur Mariatou Koné, a présenté les défis et solutions africains face à la pénurie d’enseignants. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la réunion sur l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD4) et s’est déroulée au siège de la Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).
Selon la Directrice Générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, le sommet vise à promouvoir des politiques cohérentes et impactantes pour renforcer le corps enseignant et améliorer ses conditions de travail. Dans son intervention, la Ministre Mariatou Koné a exposé les efforts de la Côte d’Ivoire pour relever ces défis, tout en insistant sur la nécessité d’une coopération internationale et d’un engagement durable des gouvernements africains.
La Côte d’Ivoire, comme plusieurs pays africains, fait face à deux causes principales de pénurie : le départ massif à la retraite des enseignants et la dévalorisation du métier. Pour y remédier, le gouvernement a lancé des réformes ambitieuses, incluant la construction et la réhabilitation d’écoles, la fourniture de matériel didactique, la formation continue des enseignants et une politique de régionalisation pour mieux répartir le personnel éducatif sur le territoire. Ces mesures ont été précédées par un diagnostic précis mené lors des États généraux de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation.
Mariatou Koné a également insisté sur l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, avec le déblocage des avancements, l’augmentation des allocations familiales et le paiement d’un treizième mois équivalant aux deux tiers du salaire de base. Des discussions sont en cours avec les partenaires sociaux pour renforcer encore ces acquis.
Un aspect clé de l’approche ivoirienne réside dans le financement innovant de l’éducation. La Ministre a mis en avant le Contrat de désendettement et de développement (C2D), les partenariats public-privé avec le secteur du cacao via le projet CLEF, ainsi que des cofinancements avec des organismes comme le GLPE. Ces dispositifs permettent d’introduire des outils pédagogiques modernes et de mieux suivre les apprentissages.
L’échange avec d’autres nations a souligné l’importance d’un financement public solide et inclusif. Le président chilien Gabriel Boric a rappelé que l’éducation doit favoriser l’inclusion sociale et la paix, tandis que le ministre chinois de l’Éducation a insisté sur son rôle dans le développement économique et social.
Pour la Présidente de la CONFEMEN, la réussite de l’ODD4 repose sur une synergie entre gouvernements, organisations internationales et secteur privé. Le financement de l’éducation doit être considéré comme un investissement stratégique pour l’avenir de la société.
Yannick KOBO












