@informateur.ci- À trois mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, l’ambiance politique est marquée par une montée préoccupante des tensions. Arrestations sans mandat, disparitions inexpliquées, intimidations ciblées… Le climat sécuritaire se durcit, suscitant l’inquiétude des acteurs de la société civile.
Face à cette situation, Pulchérie Edith Gbalet, présidente du Conseil d’administration de l’Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI), est montée au créneau. Dans une déclaration diffusée sur Reflet TV, elle dénonce fermement les dérives en cours. « Quand on a un problème avec quelqu’un, on le convoque. C’est quand la personne ne vient pas qu’on envoie les policiers. Mais là encore, on ne l’enlève pas », a-t-elle martelé.
Cette prise de parole fait écho à de nombreuses alertes sur la recrudescence d’enlèvements de militants, souvent opérés sans décision judiciaire, sans notification aux familles, ni respect des procédures légales. Des méthodes qui, selon Mme Gbalet, violent les droits fondamentaux et menacent gravement l’État de droit.
L’affaire du cyberactiviste Alino Faso, retrouvé mort en détention fin juillet, reste dans tous les esprits. Pour la présidente de l’ACI, cet événement tragique témoigne d’un climat de répression croissante, à rebours des principes démocratiques. Elle avertit : «Ce climat de terreur n’a jamais permis de construire une paix durable ni de garantir la crédibilité d’une élection».
Pulchérie Gbalet appelle donc le gouvernement à un sursaut républicain. Elle exhorte les autorités à mettre fin aux intimidations, à libérer les détenus politiques et à garantir un processus électoral inclusif, transparent et apaisé. Pour elle, seule une compétition politique ouverte, où toutes les sensibilités peuvent s’exprimer sans crainte, peut préserver la cohésion sociale.
Dans un pays marqué par des crises électorales récurrentes, la société civile ivoirienne joue une fois de plus son rôle de vigie. Et les attentes de la population sont claires : des élections libres, crédibles et non entachées par la peur. À ceux qui détiennent les leviers du pouvoir, il revient désormais de rassurer et de garantir un cadre démocratique digne de ce nom.
Yannick KOBO












