@informateur.ci- Le PDCI-RDA s’oppose à une éventuelle candidature d’Alassane Ouattara pour un 4e mandat, dénonçant une violation de la Constitution et un risque grave pour la paix sociale et la cohésion nationale.
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) hausse le ton. Dans un communiqué officiel publié ce mercredi, le plus vieux parti politique ivoirien rejette catégoriquement l’annonce d’une éventuelle candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat présidentiel.
Signé par Simon Doho, conseiller spécial de Tidjane Thiam, président du parti, le texte fustige ce qu’il qualifie de “nouvelle dérive autocratique” et de “violation flagrante” de la Constitution de 2016. « Le PDCI-RDA ne peut que s’indigner devant cette nouvelle dérive autocratique et rejette catégoriquement cette quatrième candidature de M. Alassane Ouattara », martèle le communiqué. Le parti rappelle que l’article 55 de la Loi fondamentale limite à deux le nombre de mandats présidentiels, et considère toute tentative de prolongation comme un “passage en force”.
Pour le PDCI, cette annonce représente une seconde entorse à la Constitution après celle de 2020, quand Alassane Ouattara avait brigué un troisième mandat, suite à la réforme constitutionnelle de 2016. Une décision qui avait déjà suscité de vives tensions politiques et sociales dans le pays. «L’annonce d’un quatrième mandat consacre un nouveau passage en force, c’est-à-dire une seconde violation de la loi fondamentale», insiste le communiqué.
Le parti y voit non seulement un projet personnel sans véritable vision pour les populations ivoiriennes, mais aussi une menace directe à la paix sociale, à la cohésion nationale et à la stabilité des institutions.
Cette prise de position du PDCI-RDA intervient dans un contexte de crispation politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Alors que le débat sur la limitation du nombre de mandats présidentiels refait surface, l’opposition redoute une nouvelle crise préélectorale.
Élu en 2010, réélu en 2015, puis reconduit en 2020, Alassane Ouattara avait justifié son troisième mandat par la mise en place d’une nouvelle Constitution, estimant que celle-ci remettait les compteurs à zéro. Une interprétation contestée par l’opposition et une frange importante de la société civile.
Avec cette nouvelle sortie du PDCI-RDA, les lignes de fracture s’intensifient dans le paysage politique ivoirien. Le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny se positionne d’ores et déjà comme l’un des principaux opposants à un quatrième mandat présidentiel.
Reste à savoir si cette prise de position sera suivie d’initiatives politiques concrètes pour faire barrage à ce projet qu’il juge dangereux pour l’avenir démocratique du pays.
Yannick KOBO












