@informateur.ci- Suite à l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara pour un 4e mandat, Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, dénonce une dérive autoritaire et appelle à une mobilisation citoyenne pour l’alternance démocratique en Côte d’Ivoire.
L’annonce, le 29 juillet 2025, de la candidature d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat présidentiel continue de susciter de vives réactions dans la classe politique ivoirienne. Parmi les voix les plus critiques, celle de Pascal Affi N’Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI) et ancien Premier ministre, s’est exprimée avec fermeté dans un entretien accordé à France 24. « La Côte d’Ivoire ne peut pas se permettre un 4ᵉ mandat de M. Alassane Ouattara », a-t-il déclaré, dénonçant une «candidature illégale » fondée sur des «arguments fallacieux».
Selon lui, cette nouvelle tentative de prolongation au pouvoir constitue une menace grave pour la démocratie, la stabilité intérieure et les relations régionales. « Rien ne justifie cette candidature. C’est un mandat de trop. Il est le problème, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », a-t-il martelé.
Affi N’Guessan a dressé un tableau sombre de la situation nationale : absence de réconciliation, exclusion de leaders de l’opposition, arrestations arbitraires, et violations répétées des droits humains. Des maux qu’il impute à la gouvernance actuelle.
Sur le plan régional, le président du FPI estime que le chef de l’État ivoirien a « contribué à la destruction de la CEDEAO » et fragilisé l’UEMOA. Il déplore en outre des tensions diplomatiques croissantes avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Mali et le Burkina Faso. « Nous avons entendu parler de l’arrestation d’un élu malien et de la mort d’un cyber activiste burkinabè en Côte d’Ivoire. Cela témoigne d’un climat délétère que nous devons corriger », a-t-il souligné.
Face à cette situation, Pascal Affi N’Guessan appelle l’ensemble de l’opposition à s’unir pour faire échec à cette candidature jugée « provocatrice » : « La Côte d’Ivoire a soif d’alternance. L’opposition unie le battra dans les urnes. Je suis prêt. Je relèverai le défi », a-t-il affirmé. Il invite par ailleurs les citoyens à ne pas se laisser distraire par ce qu’il qualifie de « manœuvre politique ».
Pour lui, l’élection présidentielle d’octobre 2025 constitue une opportunité historique de mettre un terme à ce qu’il qualifie de « régime de dictature » et de rebâtir les fondations démocratiques du pays. «J’appelle les Ivoiriens à se mobiliser pour reconstruire la Côte d’Ivoire, restaurer l’État de droit et rebâtir nos relations avec les pays de la sous-région ouest-africaine », a-t-il conclu.
Yannick KOBO












