@informateur.ci- Au Nigeria, la décision de Dangote Refinery de vendre ses carburants directement aux consommateurs soulève la colère des distributeurs. Menacés d’exclusion, ils alertent sur des pertes massives d’emplois.
Trois semaines après le lancement de son réseau de distribution directe de carburants, le groupe Dangote fait face à une fronde croissante des distributeurs et fournisseurs de produits pétroliers au Nigeria. En cause : une stratégie d’intégration verticale qui bouleverse l’organisation traditionnelle du secteur et menace des milliers d’emplois.
Dès le 15 août, Dangote Refinery commencera à commercialiser directement essence, diesel et kérosène aux stations-service, entreprises industrielles, compagnies aériennes et opérateurs télécoms. Pour y parvenir, le groupe mise sur une flotte de 4 000 camions alimentés au gaz naturel comprimé (GNC), capables d’assurer la logistique sur tout le territoire.
Ce modèle, qui supprime le recours aux intermédiaires, inquiète fortement la Natural Oil and Gas Suppliers Association of Nigeria (NOGASA). Son président, Benneth Korie, dénonce un système qui exclut les distributeurs traditionnels et fragilise un pan entier de l’économie. « Ce modèle rendra nos membres obsolètes. Des milliers d’emplois sont en jeu : chauffeurs, agents logistiques, transporteurs », alerte-t-il.
La NOGASA rejoint ainsi la PETROAN (Petroleum Retail Outlet Owners Association of Nigeria), qui avait déjà exprimé ses craintes sur l’impact social de cette transformation. Ensemble, ces associations dénoncent une stratégie qui, si elle promet gains d’efficacité et réduction des coûts, menace la survie d’un écosystème fondé sur la sous-traitance logistique.
Pour Korie, la situation exige une réponse collective. Une assemblée générale est prévue le 31 juillet afin de décider d’éventuelles actions, allant d’un arrêt de travail à l’ouverture de négociations directes avec le groupe Dangote.
Cette contestation relance le débat sur l’intégration verticale dans l’industrie pétrolière. Alors que le Nigeria cherche à stabiliser son marché des carburants après la fin des subventions, l’enjeu sera de concilier efficacité économique et préservation des emplois dans un secteur déjà sous pression.
Yannick KOBO












