@informateur.ci- Le ROADDH exhorte l’État ivoirien à protéger le journaliste réfugié Hugues Comlan Sossoukpe, enlevé à Abidjan, conformément à la Convention de Genève de 1951. Une affaire qui rappelle celle de Steve Amoussou.
Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH) a exprimé sa vive préoccupation après l’enlèvement du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpe, survenu dans la nuit du 10 au 11 juillet 2025 à Abidjan. Dans un communiqué publié depuis son siège régional à Lomé (Togo), l’organisation appelle les autorités ivoiriennes à garantir sa sécurité et à respecter ses obligations internationales, notamment la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés.
Hugues Sossoukpe, journaliste critique et défenseur des droits humains, bénéficie depuis 2019 du statut de réfugié au Togo, en raison de ses positions jugées hostiles par les autorités béninoises. Invité par le ministère ivoirien de la Transition Numérique et de la Digitalisation, il se trouvait en déplacement à Abidjan pour participer à la première édition de l’Ivoire Tech Forum, qui s’est tenue du 9 au 11 juillet 2025.
Selon le ROADDH, le journaliste était en contact régulier avec ses proches et continuait à publier sur ses réseaux sociaux.
Mais depuis l’après-midi du 10 juillet, il est resté injoignable et son téléphone est hors réseau. Des médias béninois ont avancé dès le lendemain qu’il aurait été extradé vers le Bénin, information démentie par des investigations du ROADDH, qui affirment qu’il se trouverait toujours à Abidjan.
Le réseau compare cet enlèvement à celui du cyber activiste béninois Steve Amoussou, alias Frère Hounvi, lui aussi réfugié, enlevé au Togo en août 2024 dans des conditions similaires. Ce dernier a été condamné à deux ans de prison et une amende d’un million FCFA pour « injures à motivation politique » et «diffusion de fausses nouvelles».
Le ROADDH rappelle à l’État ivoirien que l’article 33 de la Convention de 1951 interdit l’expulsion ou le refoulement d’un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacées. Il demande instamment que toutes les dispositions soient prises pour assurer la sécurité et la liberté de Hugues Sossoukpe, symbole de la lutte pour la liberté de la presse et la défense des droits fondamentaux.
L’organisation en appelle également au gouvernement béninois pour la libération immédiate de Steve Amoussou et de tous les prisonniers d’opinion encore incarcérés.
Djah OPELY












